Mélancolie ouvrière
Les nuits blanches du facteur
Noces
Programmation janvier à décembre 2017
A voix haute

PROGRAMMATION 2018

Vendredi 19 janvier ( 20 h )

MELANCOLIE OUVRIERE


Film de  Gérard Mordillat


France, 2017, 1 h 34


 inédit à Troyes

Synopsis


Lucie Baud (Virginie Ledoyen) naît en 1870 dans une famille de paysans pauvres de la région de Grenoble. A douze ans, elle entre comme apprentie dans une filature de soie et se marie à 20 ans avec un garde champêtre. A la mort de son mari, chassée de son logement de fonction, Lucie se retrouve seule alors que les patrons de la filature décident de baisser les salaires et d’augmenter les cadences. C’est la grève.

Lucie se dresse en première ligne face au patron, soutenue par Auda (Philippe Torreton), un syndicaliste qui affermit sa détermination, l’éduque politiquement, et ne tarde pas à lui faire la cour avec succès. Une grande aventure démarre alors, dans laquelle Lucie Baud se jettera corps et âme contre « l’infinie servitude des femmes ».


Gérard Mordillat réalise pour ARTE la fiction historique Mélancolie ouvrière adaptée de l’essai de Michelle Perrot sur la vie de Lucie Baud, première femme syndicaliste et porte-parole féministe du début du XX° siècle.

Une biographie sur fond de chansons de l’époque, sous la direction musicale de Jean-Claude Petit, avec au casting : Virginie Ledoyen, Philippe Torreton et la participation de François Cluzet.

Le Poulpe Vert blog


 Ce film est l'adaptation du livre éponyme de Michelle Perrot paru en 2012 aux éditions Grasset. C'est l'histoire de Lucie Baud (1870-1913) ouvrière en soie dans le Dauphiné, ayant mené des grèves à Vizille et à Voiron. Michelle Perrot dans son livre qui inspire le film relate l’histoire des mouvements syndicaux dans cette région du Dauphiné. Après ce nouvel échec et des divisions qui vont se créer entre les grévistes, « Il y a une mélancolie ouvrière des lendemains de grève, qui pèse d’autant plus qu’officiellement on n’avoue pas l’échec… Chacun retrouve ses problèmes et sa solitude ».


« La mélancolie se situe à trois niveaux. La mélancolie d’un mouvement ouvrier échoué avec des lendemains de grève douloureux ; la mélancolie de Lucie Baud aboutissant à une tentative de suicide ; la mélancolie de l’historienne elle-même, qui cherche à rencontrer cette femme depuis très longtemps, mais se rend compte qu’elle lui échappe. Je ne rencontre pas Lucie Baud comme j’aurais voulu, car les inconnues et les hypothèses sont grandes. » 

Michelle Perrot


« Montrer la vie de Lucie Baud, de cette femme exceptionnelle par son intelligence, par son courage, son abnégation, son sens du bien commun, c’est aussi dire ce qui nous manque aujourd’hui. »

G. Mordillat

Séance unique à 20 h au centre culturel ART DECO, Sainte-Savine, en présence du réalisateur Gérard Mordillat

Vendredi 16 février (14 h 30 & 20 h )

LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR


Un Drame d’Andrey KONCHALOVSKY


(Russe ; 2014 ; 1h51)


inédit à Troyes

Synopsis


Coupés du monde, les habitants des villages autour du lac Kenozero ont un mode de vie proche de celui de leurs ancêtres : c’est une petite communauté, chacun se connait et toute leur activité est tournée vers la recherche de moyens de subsistance. Le facteur Aleksey Tryaptisyn et son bateau sont leur seul lien avec le monde extérieur et la civilisation. Mais quand il se fait voler son moteur et que la femme qu’il aime part pour la ville, le facteur décide de tenter une nouvelle aventure et de changer de vie.


Avec ce docu-fiction plastiquement stimulant, décrivant un village russe résistant à la civilisation moderne, Andrei Kontchalovski accomplit un geste fort voire troublant des décennies après "Bonheur d'Assia" (1967).

Romain Le Vern TF1 News


On peut être insensible, voire réfractaire à cette ligne mélodique. Mais Andreï Kontchalovski en a fait une composante essentielle de son film, et si l’on veut s’enivrer de la lumière étrange du crépuscule sans fin des nuits blanches, rêver éveillé en compagnie de Lyokha, il faut le faire sous le ciel de l’empire.

Thomas Sotinel, Le Monde


Étrange trio au bord de l'irréel...

Pierre Murat, Télérama


Tout ce qui est du domaine du réel (allées et venues du facteur Aleksey en barque, rapport aux autochtones) fonctionne très bien. Mais quand le film tente de faire des incursions dans la fiction, c’est plus aléatoire.

Isabelle Danel, Première


Vision à la fois bon enfant et un peu mélancolique d’un pays où — en dehors des grands centres — seuls la décrépitude et l’oubli semblent progresser. C’est pourtant le plus optimiste des films russes depuis longtemps.

Vincent Ostria, L'Humanité


Diffusé à la télévision russe, Les Nuits blanches du facteur a connu un succès certain. Le film, pourtant réalisé avec de modestes moyens, insuffle à chaque plan la grandeur des paysages de l'est, captée sur les rives du lac Kenozero, dans la région d'Arkhangelsk.

Arnaud Schwatrz, La Croix


Entre fiction et documentaire, une ode vibrante à la nature et à ses habitants. Un film venu d'ailleurs.

Pierre Fornerod, Ouest France

Vendredi 16 mars ( 14 h 30 & 20 h )

NOCES


Drame de Stephan STREKER


Film (Belgo-franco-Pakistan-Luxembourgeois)


 2017 ; 1 h 38 ; inédit à Troyes)

Synopsis


Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.


La force terrible de la tradition, envisagée ici dans le pays européen d’émigration où le choc culturel est d’autant plus fort, dans un film qui trouve sa force dans la justesse du regard et le refus du manichéisme simpliste.

Jean Serroy, Le Dauphiné Libéré


Noces est le film dont notre époque avait besoin. La réponse, urgente et mesurée, à l’obscurantisme qui menace nos sociétés et réduit les femmes au silence.

Romain Blondeau, Marie Claire


Toute la dynamique du film tient à cette seule orientation : s'engouffrer sur le boulevard de la fatalité jusqu'à un point de non-retour qui provoquera l'effroi et la colère.

Clément Graminiès, Critikat.com


L’un des aspects les plus remarquables du film tient à la justesse des distances à laquelle se tient Stephan Streker. De plus il n’omet aucune des ambivalences de ses personnages.

Dominique Widemann, L'Humanité


Ces moyens sont mis au service d’une démonstration plus que d’une histoire, dans laquelle chaque personnage, si sympathique soit-il, est entièrement déterminé par son origine géographique, sans que jamais le trouble, le doute ne soient admis dans cet édifice.

Thomas Sotinel, Le Monde


Avec "Noces", le Belge Stephan Streker signe un troisième film coup de poing autour du thème du mariage forcé. Les deux acteurs principaux, admirables, ont d'ores et déjà été récompensés dans les festivals. Nathalie Simon, Le Figaro


Le réalisateur ne juge pas : chacun a ses raisons et personne n'est vraiment un salaud dans ce film subtil, délicat, superbement éclairé. Au milieu d'un casting parfait (...), il plonge dans les yeux noirs de sa jeune interprète, Lina El Arabi, révélation fulgurante, qui offre à la rébellion un visage doux et décidé.

Guillemette Odicino, Télérama

Programmation

        2017

Vendredi 13 avril ( 14 h 30 & 20 h )

A VOIX HAUTE : LA FORCE DE LA PAROLE


Un documentaire de Stéphane de Freitas, Ladj Ly

Film Français

Date de sortie 12 avril 2017

Inédit à Troyes, 1 h 39

En présence de Loubaki (formateur-slameur) et de Eddy Moniot (acteur)

Chaque année, à l'université de Saint-Denis, des jeunes se disputent le titre de meilleur orateur au concours Eloquentia. Un documentaire passionnant raconte sa genèse.


C’est une histoire de mots. Mots fiévreux, mots poétiques, mots en cascade. Une poignée de gamins de banlieue inventent un nouveau langage, brassent les adjectifs, s’expriment en alexandrins, par prosopopées, en sketchs, en contes, en français de "haute graisse". Et c’est magnifique, enthousiasmant. Les phrases, portées par une inspiration vibrante, s’envolent, il y a de la soul là-dedans, et jamais les murs des HLM du  9-3 n’ont entendu pareille fête.

Joutes oratoires électriques : dans À voix haute, documentaire bluffant de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, on assiste, bouche bée, au concours Eloquentia. Il s’agit d’un "programme de prise parole" où une centaine d’ados issus des quartiers dits sensibles s’affrontent, en inventant des textes sur un thème donné. Le vainqueur a droit à une bourse d’études, mais c’est secondaire. Ce qui importe, c’est l’envolée, le lyrisme, la créativité, la conviction. Ce qui reste, c’est la poésie.                 

François Forestier, L’Obs.


Un pur moment de bonheur et d’espoir offert par des jeunes qui ont décidé d’exister à travers les mots.

Stéphane de Freitas, artiste et réalisateur, s’est inspiré de sa propre expérience pour réaliser ce documentaire. Sa réflexion porte sur « le rapprochement des opposés ». Il grandit en Seine Saint-Denis au cœur d’une famille portugaise, puis est propulsé dans l’univers des beaux quartiers de l’Ouest parisien à l’adolescence. Ses expressions banlieusardes sont alors un handicap à surmonter pour se faire accepter. Il comprend que c’est en maîtrisant les mots et les nuances d’une langue que l’on peut toucher les autres et communiquer avec eux.         

À Voir A Lire

  

VENDREDI 25 et SAMEDI 26 MAI 2018

CINÉ-RENCONTRES : Découverte du cinéma d’Europe Centrale ; VISEGRAD (Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie)

  

Vendredi 25 mai ( 14 h 30 )

LE LOUP DE VINOHRADY



2016, film tchèque, de Jan Němec,  comédie dramatique, 1 h 08,


V.O.S.T, inédit à Troyes

Synopsis

Ce film autobiographique du cinéaste légendaire, Jan Němec, est une libre interprétation de sa publication ‘Ne tends pas la main au serveur’, où il relate les histoires de sa vie depuis les années 60 jusqu’à nos jours. Le titre du film Le loup de Vinohrady, évoque un loup, un être sauvage, vicieux, incontrôlable. On y visite les lieux de l’histoire, on entend les dialogues authentiques commentés par l’auteur, de vraies archives et des falsifiées. Ce qu’il y a dans le film a véritablement eu lieu, et Jan Němec l’a vécu même si parfois il en grossit certains traits.

Vendredi 25 mai ( 20 h )

FREE FALL


2014, film hongrois, de György Pálfi, fiction, 1h 20


V.O.S.T, inédit à Troyes

Synopsis : porté par le réalisme magique, style développé par le cinéma hongrois contemporain, Free Fall raconte l’histoire d’une vieille dame qui en a assez de sa vie misérable et décide de grimper l’escalier avec son caddie et ses affaires pour se jeter du toit de son immeuble. Cette expérience visuelle, à la fois exubérante et absurde, nous conduit vers un questionnement très contemporain sur la vie sociale en Hongrie actuelle.


 Le film a remporté de nombreux prix, notamment celui de la mise en scène et le Prix spécial du jury au Festival de Karlovy Vary.


Le visuel ultra-léché du film constitue une véritable fête pour la rétine, qui réserve d'authentiques éclats de cinéma. Il faut voir Free Fall comme un conte grotesque et composite, conscient de sa beauté.

SENS CRITIQUE


C’est avec délectation qu’on retrouve le ton décalé de Pálfi qui traite avec un humour noir savamment dosé des valeurs sociétales en chute libre et de la désintégration de l’amour.

 CINECURE actualité du cinéma sur RCF Radio

Samedi 26 mai ( 14 h )

KANDIDÁT

            

2013, film slovaque, de Jonáš Karásek, fiction, 1 h 45


VOST, inédit à Troyes

Adam Lambert est l’avide propriétaire d’une agence publicitaire. A la veille d’élections présidentielles, il parie avec son concurrent fort détesté qu’il est capable de faire une star de n’importe qui, et qu’à l’aide d’une habile campagne, il parviendra à faire élire le candidat le moins populaire et que nul ne connaît. Le film constitue un tableau implacable du pouvoir des médias, capables, à travers une manipulation des faits, de façonner le monde.

Slash-paris.com

ALL THAT I LOVE

            

2011, film polonais, de Jacek Borcuch, 1 h 35mn


VOST, inédit à Troyes

Synopsis :

La Pologne. Printemps 1981. L’époque est à la contestation. Quatre amis qui n’aiment rien tant que gratter leurs guitares et martyriser les fûts de batterie créent un groupe. Leur passion ? Le rock. Le punk rock, plutôt : Anarchy ! No future ! Et tous ces slogans revigorants… Dans les rues, le syndicat Solidarité de Lech Waleza déclenche des grèves massives. L’époque est à la répression. Et le punk rock n’est pas très bien vu des autorités.


All That I Love : le punk rock au temps de Solidarnosc. Ce film s’inscrit dans un nouveau courant du jeune cinéma polonais, déterminé à affronter l’histoire récente du pays. Le ton du film est assez "nouvelle vague", son contenu résolument déterminé à rappeler qu’en 1981, certains furent contraints à l’exil, d’autres sympathisants de la révolte au point de risquer la prison (c’est le cas du père de Janek, renvoyé de l’armée), d’autres enfin instruments du totalitarisme. Il rappelle en outre l’importance de la musique punk et de ses morceaux subversifs dans l’expression de la résistance contre le régime.

Jean-Luc Douin, Le Monde

Samedi 26 mai ( 17 h )

Samedi 26 mai ( 20 h 30 )

Josef Mysliveček

CONFESSIONS D’UN DISPARU

 

2016, film tchèque, de Pertr Václav, documentaire, 1 h 40

 

VOST, inédit à Troyes


Prix : FIPA Biarritz 2016FIPA d’Or pour la musique et le spectacle

Synopsis
On sait peu de choses sur
Josef Mysliveček (1737 – 1781), un des compositeurs les plus prolifiques de l’opéra italien du XVIIIe siècle. Fils de meunier, le jeune violoniste fuit son moulin natal, situé près du pont Charles à Prague, et s’installe à Venise où il rêve de devenir compositeur. Il obtient une prestigieuse commande d’opéra pour le théâtre de San Carlo à Naples et connaît une ascension rapide, signe Giuseppe Mislivecek, detto il Boemo, obtient le titre d’accademico filarmonico. Rare compositeur « allemand » à n’avoir pas été attaché à une cour ou à un seigneur, il a pu mener une vie libre et indépendante.
C’est dans la correspondance avec son ami Mozart que se trouve le seul véritable « portrait » de
Mysliveček. Organisé autour des répétitions orchestrales de l’opéra Olimpiade, et de pérégrinations en Italie, ce film documentaire, de l’ancien pensionnaire à la Villa Médicis Petr Vaclav, retrace le destin de ce grand artiste d’opéra italien aujourd’hui quasiment oublié.

Vendredi 22 juin : 14 h 30 et 20 h

FÊTE DE LA MUSIQUE

Vendredi 22 juin ( 14 h 30 & 20 h )

L’OPÉRA


Un documentaire musical de Jean-Stéphane Bron


(2017, 1 h 46, français, suisse, inédit à Troyes)

Avec L’Opéra, dont le titre annonce clairement la couleur, Bron a posé ses caméras au cœur de l’Opéra de Paris, aussi bien au palais Garnier qu’au paquebot mitterrando-languien de la Bastille. Sa méthode est peu ou prou celle de Frederick Wiseman, immense spécialiste de la vision cinématographique et analytique des grandes institutions : passer beaucoup de temps en immersion dans le ventre de la bête, sonder tous ses organes, produire des dizaines d’heures de rushes et en extraire un récit voire une substantifique moelle grâce à l’art minutieux du montage, le tout sans émettre le moindre mot de commentaire.

L’Opéra de Paris est un “bon client” pour ce genre d’approche, d’abord parce que les chanteuses, chanteurs, danseuses, danseurs, musiciens et chefs d’orchestre sont des espèces cinégéniques. Ensuite parce que l’opéra est une énorme machine et que derrière l’art, il y a beaucoup de travail, partie cachée de l’iceberg que dévoile superbement ce film.

Metteurs en scène, décorateurs, régisseurs, machinistes, costumières, blanchisseuses, repasseuses, c’est toute une ruche de “petites mains” et de “gros bras” bossant et suant dans l’ombre que montre Bron et sans lesquels nul Traviata ne pourrait advenir.

Serge Kaganski, Les Inrocks


« Nous avons un chœur qui presse ». Vous ne savez pas de quoi parle Philippe Jourdan, le chef d’orchestre de l’Opéra Bastille ? Ce n’est pas grave, bien au contraire. Plongée dans les coulisses de l’établissement culturel du onzième arrondissement de Paris, « L’Opéra » de Jean-Stéphane Bron ne s’adresse pas qu’à un public de connaisseurs des choses de l’Art lyrique. Le film est avant tout une formidable immersion dans une fourmilière humaine, avec ses ouvriers, ses soldats, ses rois et ses reines.

Paris-Match

Le film sera précédé d’un petit spectacle musical.

NOUS, LES TRANQUILLES


2016, documentaire français, de Nicolas Contant, 1 h 23


En présence du réalisateur

Synopsis

Nous les intranquilles commence au centre d’accueil psychothérapeutique Artaud. Le groupe cinéma du centre raconte la maladie, la thérapie, leur rapport au monde. Après un premier geste documentaire, le film devient participatif et met en scène son élaboration en collectif. Les personnages cherchent à donner une image humaine de la folie. Ils s’amusent des idées reçues pour mieux les subvertir. En s’emparant ensemble du projet artistique, ils montrent qu’un autre monde est possible

Vendredi 18 mai ( 14 h 30 & 20 h )

2 séances exceptionnelles en présence du réalisateur