Extraits du rapport moral présenté lors de l’Assemblée Générale du 23 mars2018 :

…Nous avons de fortes ambitions pour notre modeste association. Le rapport d’activité qui va vous être présenté à ma suite témoigne de notre volonté d’être des acteurs exigeants du monde de la culture ...


 Dominique VALADIE, immense comédienne française, disait en novembre dernier : « Il faut pouvoir présenter au public des choses qu’il n’a pas l’habitude de voir ou qui lui demandent un petit déplacement mental. C’est à ça que sert le théâtre à la cité, à la politique. (J’ajoute moi F.P., c’est vrai aussi pour le cinéma) Et elle ajoutait : » Le danger est de réduire l’activité théâtrale (ou cinématographique) à la distraction. »


 Exigeants donc, parce que nous avons un besoin vital de culture pour combattre les replis mortifères et le recours à la violence, pour lutter contre la diffusion préoccupante des idées nauséabondes des extrémismes. Le cinéaste Jérôme Soubeyrand déclare que « lorsqu’on appauvrit la création, on ouvre la porte aux replis identitaires. ». La culture n’est ni une marchandise, ni un supplément d’âme. Elle est essentielle à la rencontre, au partage, à la construction d’un monde libre, divers et…heureux ! Elle est indispensable au renouvellement de la démocratie. Et l’essor d’une démocratie culturelle passe nécessairement par des politiques culturelles fortes, volontaires, clairement assumées par la puissance publique.


Je crains fort que par ces temps « d’austérité » la culture ne soit prioritairement sacrifiée et ce d’autant plus si elle s’éloigne, précisément de la notion de marchandise…Les mesures annoncées le 15 janvier dernier au ministère de la culture privilégient la diffusion, le marché et la compétitivité, les mastodontes, au détriment du cinéma d’auteur.


Pour ce qui nous concerne nous sommes déterminés à poursuivre dans l’esprit-que nous ont insufflé   les fondateurs de l’association.

Mes dernières lignes seront empruntées à Patrick BOUCHERON, auteur de « Conjurer la peur » (2013), directeur de la récente et exceptionnelle « Histoire mondiale de la France » (Seuil-2017), historien spécialiste du Moyen-Age et de la Renaissance italienne, professeur au collège de France. Il explique que « l’histoire des images est une discipline de l’émancipation ».


 Et il précise : « Ce qu’on associe généralement à notre hypermodernité est la prolifération des images qui nous environnent, leur immédiateté et le fait qu’elles aplanissent le monde. »  Il poursuit : « Les images sont le contraire de ce qu’elles nous donnent à voir lorsqu’elles se font passer pour du visuel. Pour Serge DANEY  grand théoricien et critique de cinéma, le visuel est l’image qui n’a pas de hors-champ, plate et vide ; elle veut nous faire croire qu’elle vit dans un éternel présent. Or les images viennent de très loin à notre rencontre. Être devant les images, comme ne cesse de l’écrire Georges DIDI-HUBERMAN, c’est être devant le temps, c’est éprouver ce que c’est, pour le temps, de passer et du même coup c’est appréhender le monde qui nous entoure »


 A méditer , n’est-ce-pas ?


Félix PEDRAJAS

Président de « l’Association Pierre CHAUSSIN »

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