03-02-Les belles créatures (synosis)
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Avec Les Belles Créatures (titre d'une ironie indéniable) le cinéaste se frotte au thème de la violence juvénile, et de la délinquance des jeunes en général. De Los olvidados de Buñuel à Bully de Larry Clark, en passant par Orange mécanique de Kubrick, le cinéma a proposé de remarquables portraits de jeunes gens à la dérive. Sans trop jouer sur les clichés du déterminisme, le réalisateur apporte une pierre honorable à l'édifice, avec une sincérité que conforte la teneur plus ou moins autobiographique de son récit. Le réalisateur parvient ainsi à rendre attachants des personnages que l'on pourrait juger repoussants ou pathétiques dans la vie réelle. Un onirisme discret et suggestif suscite une distance bienvenue, sans casser la linéarité d'un récit et confère à ces Belles Créatures un pouvoir attractif amplifié par l'utilisation à la fois austère et esthétique des paysages islandais, décor d'une chronique sociale glissant vers la tragédie.

Gérars Crespo, AVoiraLire

Loin des paysages époustouflants qui habillent souvent les films islandais, Les Belles Créatures nous plonge dans la palette maussade d’un quartier de Reykjavik pour suivre les aventures de quatre adolescents qui font bande à part. Dans ce coming of age vif et cru, Guðmundur Arnar Guðmundsson explore avec finesse les méandres de la violence et de l'amitié.

Zone critique, Pauline Ciraci


Un film sur le harcèlement scolaire, par le prisme du fantastique, pour délivrer des messages puissants.

La Rédaction, Ouest France

La forme organique de ce long-métrage traduit parfaitement l’urgence de l’adolescence, avec des plans très serrés, un son tonitruant, du mouvement, et des images plus impressionnistes pour la partie onirique du récit. Cette mise en scène tendue comme une corde est déployée dans un rythme qui ne se calme jamais, à l’instar de la violence — et fait surgir à chaque instant les émotions, celles d’une jeunesse perdue qui met toute son énergie en branle et compte sur l’amitié pour retrouver la confiance, essayer de sortir des abîmes pour devenir, envers et contre tout, des adultes apaisés.

Servi par des jeunes acteurs éblouissants, Les Belles Créatures est un film édifiant, sans concessions, dont on sort tourneboulé comme après un passage dans une lessiveuse.

Laurence Huot, France Info Culture

La métaphore de la maltraitance est là aussi très présente et explicite et prend encore une fois son origine dans la famille, notamment avec le beau-père de Balli, qui, sorti de prison, déclenche une réaction en chaine qui fait exploser la petite bande d'amis.

L’élément le plus intrigant de cette histoire est le basculement inopiné dans le cinéma de genre, par le biais de la mère d'Addi, qui se trouve versée dans l'ésotérisme et la divination. Addi a des prémonitions, ses rêves lui montrent le mal et les événements funestes à venir.

Ce  « pouvoir » fait sortir le film de son aspect très social, le transformant en quelque chose d'hybride, dans la grande tradition des sagas islandaises où le commun côtoie le surnaturel. Cette petite communauté de quelques centaines de milliers d'habitants conserve une forte empreinte de son passé mythologique, comme une coexistence harmonieuse entre le moderne et le merveilleux. Si Les Belles Créatures est clairement un drame, il faut souligner les efforts de l’auteur pour créer de la lumière dans son film. L'entraide déjà signalée entre chaque membre de la petite confrérie brille d'autant plus dans les aveux de Balli qui remercie son ami Addi dans un moment regorgeant d'émotions. Au sein de toute cette noirceur se cachait donc le plus beau des sentiments, la note d’espoir nécessaire à cette très belle histoire.

Geoffrey Crété, écran large ,

EXTRAITS CRITIQUES

Synopsis

Entretien

avec le réalisateur