Disparaissez les ouvriers
Un monde sans femmes
Le voyage au Japon
La part Celeste
Ciné rencontres
Ciné rencontres
Gypsy Caravan
Sur la planche
L'Étrange affaire Angelica
Docteur jerry et Mister Love
Les éclats_ synopsis
Programmation 2013
Programmation 2013
Programmation_2012_septembre à décembre
Programmation 2014

Vendredi 25 janvier  (14 h  30 et 20 h)

SARABAND


de Ingmar Bergman

(Suède ; 2004 ; 1 h 47 ; VOST)


Avec Liv Ulmann, Erland Josephson, Börje Ahlstedt ; Julia Dufvenius

Trente ans se sont écoulés depuis que Marianne et Johan, le couple de Scènes de la vie conjugale se sont perdus de vue. Sentant confusément qu'il a besoin d'elle, celle-ci décide de rendre visite au vieil homme dans la maison de campagne où il vit reclus. Entre eux, la complicité et l'affection sont réelles, malgré toutes ces années passées sans se voir. Marianne fait la connaissance du fils de Johan, Henrik, et de la fille de ce dernier, Karin, qui habitent dans les environs. Tous deux pleurent encore Anna, l'épouse d'Henrik disparue...


« En dix chapitres entourés par un prologue et un épilogue, Saraband est tout à la fois un documentaire sur le vieillissement des acteurs fidèles du cinéaste (que la fraîcheur de Julia Dufvenius rend plus poignant encore), une synthèse de ses obsessions, un testament automnal d'un sentimentalisme aride et un geste brusque de cinéma sans âge, qui a fini par atteindre à un universel qui n'offre plus prise et que l'on contemple tel le promeneur minuscule la voûte étoilée. »

Didier Peron (Libération : 15/12/2004)


« Le film est atroce et sublime, comme presque tous les Bergman, en tout cas les plus réussis. Point d’orgue et point final d’une œuvre grandiose. »

Pierre Murat (Télérama : Le guide du cinéma)


« Je ne sais s'il existe un cinéaste au monde qui ne considère Bergman comme le plus grand d'entre tous. Avec Saraband, le maître a donné l'œuvre ultime, la somme de toutes les sommes, l'œuvre absolue. »

Pascal Mérigeau (Le Nouvel Observateur)


« C'est du grand Bergman qui vous secoue de l'intérieur et vous fait parcourir, avec une intelligence et une élégance rares, tous les gouffres et les sommets de nos âmes. Des âmes auxquelles il fait danser une drôle de sarabande. »

Alain Spira (Paris Match)


« … Un opus réglé au millimètre : le perfectionnisme au service de l’épure, l’émotion jaillissant des interstices et des craquelures d’une forme aboutie, plutôt que de la proximité du réel. »

Yann Tobin (Positif N° 527 : janvier 2005)


« De la maîtrise stupéfiante de la mise en scène, jusqu’au plus minuscule accessoire, de la précision du jeu des acteurs, je n’ai rien dit. Elles sont habituelles chez Bergman, mais rejoignent et dépassent ici, par épuration absolue ce qu’il fait dans ses plus grands chefs d’œuvre. Aussi bien Saraband est-il, en un sens, son plus grand chef d’œuvre. En tout cas son plus beau dernier film. »

Jacques Aumont

Vendredi 15 février (14 h 30 et 20 h)

« À Marseille, au début de l’été 2009, les ouvriers de Legré-Mante, leader mondial des acides tartriques, occupent « leur » usine pendant cinq mois pour dénoncer une liquidation qu’ils estiment frauduleuse. À la fois costumière et documentariste, Christine Thépénier habite près du site. Elle décide de franchir les hauts murs de l’usine occupée pour comprendre la colère des travailleurs abandonnés. Pour les soutenir dans leur lutte, elle est allée avec Jean François Priester, chef opérateur du son chevronné, les filmer et enregistrer leurs dires pendant toute la durée de l’occupation… La grande qualité du film est d’avoir su établir une relation de confiance palpable entre les filmeurs et les filmés. De jour comme de nuit, la caméra prend son temps pour accompagner ces hommes qui refont devant elle les gestes mille fois exécutés pour expliquer leurs tâches pénibles, auxquelles ils sont pourtant attachés. » 

M.T. (Les Fiches du cinéma 9 mai 2012)


« Disparaissez les ouvriers ! pourrait être simplement un documentaire militant qui dresserait une logique contre une autre.  La puissance dramatique du film va au-delà de ces dialectiques. A la spéculation abstraite, aux calculs d’intérêt politiques et financiers qui se font au mépris de la réalité vivante, et qui restent hors champ, le film oppose un paysage concret, des présences charnelles. Des visages d’hommes, des paroles d’hommes. On est saisi par leur colère calme, leur courage, leur amertume lucide et ironique. Ils sont beaux, d’une beauté qui contraste avec leur environnement abimé et abimant. Ils parlent bien. C’est du Guédiguian, version documentaire. Partisan ? Mieux : ils imposent la personne humaine à ceux qui l’abandonnent dans leurs comptes. »

Marie-Noëlle Tranchant (Le Figaro ; 9 mai 202)


« Loin des fables sociales de Guédiguian, Disparaissez les ouvriers ! est un manifeste désespéré, le récit d’une occupation vouée à l’échec… Dans un avenir proche, cette survivance industrielle devrait être rasée pour laisser la place à des résidences destinées à la classe aisée. Des bobos à la place des prolos ? Que devient alors la cité ?  L’amplitude de la question veut donc que l’on s’arrête sur ce film qui dépasse amplement la survie d’une poignée de résistants. »

V.T. (Positif N°616 ; juin 2012)


« …Les paroles, fortes, restent longtemps dans la tête du spectateur, qui disent l'indignité ancienne et consentie des conditions de travail, puis l'infini mépris du sort soudain réservé à ces ouvriers qui ont sacrifié leur vie à la tâche. "L'injustice, ça provoque la haine" dit une vieille femme à la fin du film : nous en sommes là, très exactement. L'histoire séculaire du mouvement ouvrier, qui existe bel et bien encore, est-elle autre chose que cela ? L'aliénation des corps, l'humiliation des hommes, la violence physique et symbolique exercée à leur encontre. »

Jacques Mandelbaum (Le Monde ; 8 mai 2012)

DISPARAISSEZ LES OUVRIERS !


documentaire de  Christine Thépénier et Jean-François Priester

(2011 ; 1 h 18 ; inédit à Troyes)

Avec la présence de Jean François Priester

aux deux séances.

Vendredi 22 mars (14 h 30 & 20 h)

Une petite station balnéaire de la Côte Picarde, la dernière semaine d'août. En leur remettant les clefs d'un appartement de location, Sylvain fait la connaissance d'une jeune mère et de sa fille, aussi séduisantes l'une que l'autre. L'occasion rêvée de sortir ne serait-ce que quelques jours d'une vie solitaire dont les femmes sont désespérément absentes. Un monde sans femmes sera précédé du court métrage Le Naufragé.


« Un territoire singulier, aux délimitations délicatement charpentées, à la fois cinéphiles (abscisse Rohmer, ordonnée Rozier) et géographiques (un recoin balnéaire de la Picardie, tout de falaises immenses, de plages de galets, de parkings de supermarchés et de samedis soirs à se flinguer). Une science très sûre de l’écriture d’un genre, la farce dépressive, de toutes part trouée de gags discrets et de pantelantes embardées dramatiques. Un sujet, le frottement fortuit de Parisiens en vacances picardes à leurs cousins de province, ni plus heureux ni moins paumés. Et, enfin, un brillant acteur fétiche (déjà !) : Vincent Macaigne, réalisateur, metteur en scène de théâtre, comédien à chérir entraperçu chez Garrel et Bonello, auquel Brac confie ici, d’un film à l’autre, la silhouette ébouriffée d’un seul et même héros. »

Julien Gester (Libération : 8/2/2012)


« Certains films redonnent confiance dans l’avenir du cinéma français. Des films qui ne se noieraient pas dans l’éternel ressac de la Nouvelle Vague. Des films qui auraient la fraicheur superbe, la justesse désinvolte et le goût du dépaysement d’Un Monde sans femmes… Comme son personnage, Brac regarde vraiment les gens. Son cinéma s’élève de ce regard posé sur les choses, les êtres et le monde qui les unit. » 

F. Gf. (Positif N° 612 : février 2012)


« Avec la délicatesse de la litote, Guillaume Brac caresse l’amitié, la filiation, la rivalité, la sociabilité, l’amour, la solitude ; il les embrasse d’un regard tendre et sans complaisance, à deux pas du naturalisme. Il fait croquer le sucre sous la dent, et fondre les fraises sur la langue. On ne pourrait pas dire d’Un monde sans femmes que c’est un grand film, pas dire non plus que c’est un petit film. On pourrait dire que c’est un film qui éclaire, que l’impression de proximité qui en émane nous le fait aimer immédiatement. Questions de valeur, d’étoiles ou de palmarès, ici on n’en a cure... Ce film est un écrin, sans doute à part, que les quelques notes de la bande originale contribuent à envelopper d’un délicat papier de soie, une boîte à soi qu’on peut ouvrir, froisser et refermer à sa guise, toujours avec soin, comme n’importe quel trésor qui nous appartient, auquel on tient. »

Gaell B. Lerays  (Les Fiches du cinéma : 10 octobre 2012)

UN MONDE SANS FEMMES

film français de Guillaume Brac

(2012 ; 58 min ; inédit à Troyes)

Avec Vincent Macaigne, Laure Calamy, Constance Rousseau

En 1ère partie

LE NAUFRAGÉ

Court métrage de Guillaume Brac

(2009 ; 24 min ; inédit à Troyes)

Vendredi 5 avril (14 h 30 & 20 h)

Louise est violoncelliste. Son instrument est abimé, alors qu’elle donne un concert dans cinq jours. Elle cherche en urgence un luthier qui puisse le réparer. Elle se présente à l’atelier de Pierre, dont elle semble proche. Mais Pierre refuse de s’occuper de son violoncelle. Le jour du concert, Louise doit affronter le public avec un instrument qui risque de défaillir à tout moment. Tout le sextet est extrêmement tendu. Pierre est dans la salle.

« Thibaut Gobry installe ses personnages et son histoire avec limpidité, nous promène dans des rues familières que les Troyens reconnaîtront aisément, pour nous perdre ensuite au détour d’un atelier parisien. On suit ce jeu de piste avec avidité, sans jamais se perdre, tout comme Louise sait qu’elle n’est pas perdue, que tout n’est pas perdu. Elle va inexorablement vers son passé, parce qu’elle n’a pas le choix, si elle veut assurer ce concert qui approche à grand pas. »

 Samuel Guillot : Le Troisième œil (N° 38 juin 2009)

Les derniers jours de la vie de Marcel Proust vus par «la porte de service». Céleste, sa gouvernante, nous donne un accès intime à cet homme que l’on ne verra jamais, confiné par la maladie dans sa chambre. Elle prend soin de lui, écrit sous sa dictée, colle les manuscrits, coud son livre comme une robe. Au gré des visites, les médecins veulent le soigner, les amis veulent le voir, le lire. Mais lui ne souhaite qu’une chose: achever son œuvre avant que la mort ne l’emporte.

« … Face à l'ambition du propos de celui-là - l'agonie de Marcel Proust vécue à travers sa servante -, je ne vais plus seulement me demander si ton cinéma me parle, mais s'il est même à la hauteur de son sujet. Tout commence par une parole : son émettrice, d'abord absente de l'écran, n'en est que la convoyeuse. Recourbée dans le recoin d'un intérieur feutré du début du XXème siècle, elle égrène à voix haute les notes laissées par son maître. Dès ce premier plan, le principal enjeu du film est posé : Céleste recueille ses mots parce qu'il ne peut le faire lui-même, que bientôt il ne le pourra jamais plus. Reclus dans sa demeure parisienne, terrassé par une bronchite qui ne le laisse s'exprimer que par toussements, Marcel Proust sent la vie le quitter. Ou plutôt : nous le sentons s'en aller, car il n'est déjà plus là, se soustrayant au regard des autres, qui attendent l'instant funeste, mais aussi à celui de la caméra, interdite de séjour dans son espace intime. Seule Céleste y pénètre. Seule Céleste nie l'imminente évidence, ne veut pas sentir le souffle invisible qui va emporter l'être devenu le pivot de sa vie depuis des années. »

Virgile Gauthrot (Le Troisième Œil : N° 75 ; novembre 2012)

LE VOYAGE AU JAPON

Court métrage de Thibaut Gobry

FRANCE (2009 ; 26 min)

LA PART CELESTE

Court métrage de Thibaut Gobry

 FRANCE (2012 ; 30 min)

Grand Prix du meilleur réalisateur :

Rhode Island International Film Festival 2012

Grand prix du moyen métrage :

Festival International  du film d’Amiens 2012 

Vendredi 21 juin (14 h 30 & 20 h)

GYPSY CARAVAN

Un documentaire de Jasmin Dellal

(2007 ; 1 h 51)

Embarquez dans la Gypsy Caravan pour un voyage à travers la musique, la vie et l'héritage de cinq groupes tziganes, issus du monde entier, lors d'une tournée triomphale de six semaines aux États-Unis. Les styles musicaux vont du flamenco au violon gitan, de la folk indienne au jazz, représentant ainsi le meilleur de la musique et la diversité du peuple gitan.
Le film retrace le portrait de ces musiciens, sur scène et à la ville, dans leurs familles et sur la route. Un voyage riche et initiatique, au sens propre et figuré à travers la culture gitane.


« La musique tzigane est un feu de l'âme que la mélancolie anime. La passion, l'émotion, la générosité des artistes sont filles de l'histoire des Roms et de leur persécution. Jasmine »

Jordan Ricker (Fluctuat)


« La tentation de verser dans le documentaire engagé est grande mais pourtant la réalisatrice préfère poser sa caméra sans intervenir. Jasmine Dellal pénètre dans l'intimité de cet univers rom et filme un concert aux musiques ensorcelantes L'ambitieuse promesse du film est tenue : transmettre la passion de ces personnes riches de leur musique. »

Perrib Jusseaume (Première)


« Face à cette chronique humaine et souvent truculente d'un groupe de gens sur la route, même les plus hermétiques à la musique gitane pourront se laisser surprendre. Car avant d'être la captation d'un concert, Gypsy caravan est avant tout un document sur la culture rom dans le monde. Il y a en effet quelque chose de très émouvant à voir ces groupes réunis sous la bannière « musique tsigane » se rapprocher, se questionner, pour finalement prendre conscience qu'ils sont bien tous issus d'une même famille, celle des gitans partis de l'Inde vers l'Ouest. »

Atmosphères 53


« Loin d'être uniquement un documentaire musical, le film est le portrait sincère et émouvant de tout un peuple, aux racines et aux valeurs communes. Mélangeant scènes de spectacles et scènes intimistes, voyageant dans les différentes villes de la tournée mais aussi dans les pays d'origine des groupes, Jasmine Dellal parvient à livrer l'essence de ce peuple trop méconnu. »

Sarah Elkaïm (critikat.com)


« Gypsy Caravan est comme une mosaïque : moments de concerts, répétitions en chambre, instantanés de voyages (en car, dans les hôtels), visites dans les villages d'origine de chacun des groupes ou de leurs musiciens principaux… Bien exécuté, le film a du charme et nous apprend, à travers leur musique autant qu'à travers leur vie, que les Roms sont souvent victimes de leur apparence et de fausses mythologies. »

H.N. (Positif N° 559 ; septembre 2007)

Vendredi 20 septembre (14 h 30 & 20 h)

SUR LA PLANCHE

 

Film  marocain de Leïla KILANI

2012 ; 1 h 40 ; VOST.

Avec : Soufia Issami, Mouna Bahmad,

Nouhza Akel, Sara Betioui

Inédit à Troyes

Tanger - Aujourd’hui, quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre le jour et vivent la nuit. Toutes quatre ouvrières, elles sont réparties en deux castes : les textiles et les crevettes. Leur obsession : bouger. "On est là" disent-elles. De l’aube à la nuit la cadence est effrénée, elles traversent la ville. Temps, espace et sommeil sont rares. Petites bricoleuses de l’urgence qui travaillent les hommes et les maisons vides. Ainsi va la course folle de Badia, Imane, Asma et Nawal...


« Pris entre sa belle oralité littéraire, son dégoût apparent de toute chose, son obstination malgré tout à capter la fièvre magnifique de son héroïne et son désir incompressible de liberté, Leïla Kilani fonce tête baissée dans une sorte de chaos vital d’où peu de films reviendraient indemnes. Que Sur la planche produise un geste d’un tel éclat et d’une telle radicalité à l’heure des grands changements que l’on sait en fait assurément un des films-étalons – au sens le plus sauvage du terme – du jeune cinéma arabe. »

Vincent Malausa (Cahiers du cinéma No 675 ; février 2012)


« Ce film bancal, d'une imperfection désirable, recèle de fait une magie noire susceptible de conquérir le coeur du public : pêche d'enfer, gang de jeunes actrices explosives, hold-up poétique. Ajoutez à cela le jus d'un polar social branché sur la ligne à haute tension du printemps arabe et vous obtenez cette sorte de petit diamant brut. » Jacques Mandelbaum (Le Monde : 31/01/2012)


« Cette première fiction d’une documentariste remarquable (Nos lieux interdits), suit les pas d’une héroïne inlassable et indomptable, interprétée avec une énergie folle par Soufia Issami. Dans les usines du port de Tanger, Badia est une «fille crevette» qui crève sous l’odeur tenace des crustacés qu’elle décortique et braque de riches villas avec son gang... Dans ce portrait percutant d’une jeunesse marocaine d’aujourd’hui, la réalisatrice inclut le monde entier. Sans folklore et avec une violence inouïe, son constat abrupt fait mouche et fait mal. » Isabelle Danel (Première)


 « Ce film, sur le mode du thriller social, décoiffe, dérange, fascine. Et, même s’il n’en parle absolument pas, il accompagne incontestablement la vague de fond des révolutions arabes. On y retrouve le mal-être d’une génération, l’insertion dans la mondialisation par son pire aspect, avec cette monstrueuse zone franche, l’absence de tabous et la détention de tous les codes de la communication moderne... » Rue89


« Il déboule sur les écrans avec la force juvénile de ses interprètes et de sa mise en scène. Sur la planche a l’énergie non canalisée d’un morceau de rock ou de rap que des jeunes gens lanceraient à la face du monde. C’est direct, entier. À l’image de Badia : rapide, ne tenant pas en place, toujours concentrée, nerveuse, intransigeante. »  Christophe Kantcheff  (Politis : 01/02/2012)

Vendredi 18 octobre (14 h 30 & 20 h)

L’ETRANGE AFFAIRE ANGELICA

(O Estranho caso de Angélica)


Film portugais de Manoel de Oliveira

2011 ; 1 h 35 ; VOST

 avec Ricardo Trêpa, Pilar Lopez de Ayala

inédit à Troyes

Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire de la pension de Dona Rosa à Régua, est appelé d’urgence par une riche famille afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage.

Dans la maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté. Lorsqu’il porte à son œil l’objectif de son appareil photo, la jeune femme semble reprendre vie, pour lui seul. Isaac tombe instantanément amoureux d’elle. Dès lors, Angélica le hantera nuit et jour, jusqu’à l’épuisement.

« L'Étrange Affaire Angelica tient, par sa seule atmosphère, une alliance entre la sobriété lumineuse caractéristique de l'œuvre du cinéaste et une touche fantastique primitive dont la simplicité confine au sublime. La magie qui émane des apparitions d'Angelica repose sur de délicats jeux de contrastes. Contraste, d'une part, entre le détourage phosphorescent des deux amants scintillants, semblant tout droit sortis d'une peinture de Chagall, et le noir et blanc mat choisi pour figurer les rêves d'Isaac. »

Isabelle Regnier (Le Monde)


« … Il n’est pas impossible  de ressentir devant le film comme une attente : c’est comme une intuition, on attend qu’il s’anime comme un tableau, qu’il prenne forme comme une allégorie. Il y a trop d’apartés ici pour ne pas soupçonner qu’une énigme se développe sous nos yeux,  que quelque chose est caché sans ce film qui, au fond, passe assez peu de temps sur l’obsession d’Isaac pour Angelica. C’est un film d’une richesse inouïe, secret  à la manière des tableaux de la Renaissance infiltrés de motifs à déchiffrer. »

Philippe Tesson (Les Cahiers du cinéma N° 665 mars 2011)


« Le doyen du cinéma est donc toujours là. Bel et bien là même. La centaine entamée, Manuel de Oliveira nous livre son nouveau film et s’en va déjà, de ce pas,  travailler sur le suivant…  Contrairement à ce que le sujet pourrait laisser penser, L’Étrange affaire Angelica n’est pas une œuvre crépusculaire, mais plutôt un de ces films de vieux maîtres qui jouent à être plus verts, et parfois plus courageux, que les jeunes Turcs (on peut par exemple penser au Rohmer de L’Anglaise et le duc). Le film atteint  une efficacité qui en fait peut être l’un des plus émouvants de  son auteur, au sein d’une carrière extrêmement riche mais toujours en mouvement. »

S.G. (L’Annuel du cinéma 2011)


« Moins imposants, moins intimidants, plus discrets, plus secrets aussi, les derniers films du cinéaste portugais sont le témoignage serein d’un artiste souverain qui, au crépuscule de sa vie (mais c’est un bien étrange crépuscule que celui-ci, puisqu’il dure au-delà et fort heureusement de bien des espérances : Manoel de Oliveira tourne exactement depuis 1931, soit depuis 80 ans, et celui qui est aujourd’hui le seul cinéaste ayant démarré sa carrière à l’époque du muet sera âgé le 11 décembre prochain de 103 ans), ne désire plus exprimer que l’essentiel. » libertaires93.org

Jeudi 14 novembre (20 h) et vendredi 15 novembre ( 14h 30 & 20 h)

A l’occasion du centenaire de sa naissance

HOMMAGE A MAX-POL FOUCHET

(1913-2013)


Né en 1913 dans le Cotentin. Il vit à Alger de 1930 à 1945. Etudiant en lettres, il rencontre Albert Camus. En 1939, il dirige la revue poétique Fontaine, qui devient sous l’Occupation la tribune de la résistance intellectuelle française. Des écrivains comme Bernanos, Aragon ou encore Jean Cocteau y écriront. En 1942, il publie ‘Liberté’ de Paul Eluard. Parallèlement, il donne des chroniques littéraires et artistiques sur RTF. La Libération annoncée, il parcourt le globe puis rentre en France en 1950. Il participe alors aux premiers tâtonnements de la télévision. Il souhaite que ce média permette d’initier les français à la culture. Il crée alors plusieurs émissions, mais ses prises de position, notamment contre la peine de mort, sont mal vues du gouvernement qui l’éloigne de ce média. Max-Pol Fouchet n’arrête pas pour autant d’écrire. Il sera également journaliste à Libération au cours de sa carrière.


Tour à tour poète, critique littéraire et, romancier, archéologue et critique d’art, voyageur et photographe, homme de radio et de télévision, en véritable passeur, il contribue fortement à la promotion de la poésie car il considère la création poétique comme une voie vers la connaissance de l'homme. L'actuel prix Max-Pol Fouchet est destiné à faire connaître un poète inconnu ou méconnu. Décédé en 1980, il est enterré à Vézelay sous une simple dalle sur laquelle il est écrit « Il aima la liberté ». FILM DOCUMENTAIRE

En partenariat avec la médiathèque de Sainte-Savine

Jeudi 14 novembre (20 h)

Avec la présence de Marianne FOUCHET (fille de Max-Pol Fouchet)

Conférence de Christian LIMOUSIN

Vice-président de l’association des Amis de Max-Pol Fouchet


Créer un pont d'œuvres et d'images : Max-Pol Fouchet et les arts plastiques à la télévision.

La conférence sera suivie de la  projection du documentaire « L’ART DU MEXIQUE »

Issu de la série de films Terre des arts  réalisés  pour la télévision entre 1959 et 1979  sur les thèmes d’esthétique et de l’histoire de l’art.

Vendredi 15 novembre

En 1974-1975, MAX-POL FOUCHET a réalisé une série de treize films d’une heure chacun sur le thème 


Une aventure de la lumière : l’impressionnisme.


Nous vous présentons deux documentaires issus de cette série. En 1960 Max-Pol Fouchet a obtenu le prix de la Critique pour l’ensemble de son œuvre télévisée.

à 14 H 30

Claude MONET

à 20 H

Paul GAUGUIN


Commentaire de Max-Pol Fouchet dit par Henri Virlojeux et la voix de l’auteur.

Réalisateur : Gérard Pignol ; assistants réalisateurs : Jean Paul Potonnet et B. Saint Jacques

Une production de l’ORTF

Vendredi 20 décembre (14 h 30 & 20 h )

DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE

(The Nutty Professor)

Film américain de Jerry LEWIS

1963 ; 1 H 47 ; VOST

Avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore,

 Kathleen Freeman

Inédit à Troyes (en sortie commerciale)

Le professeur Kelp est un professeur de chimie, très maladroit. Ses cours sont plus distrayants qu'instructifs. Secrètement, il prépare un élixir grâce auquel il se transforme en crooner séduisant, sûr de lui, répondant au nom de Buddy Love. Ce double n'a pas la gentillesse, ni les bonnes manières du professeur. Très vite, ce dernier a du mal à le maîtriser.


« Nous pourrions commenter longuement la perfection plastique de ce film qui contient la plus belle scène de transformation que nous ait livrée la filmographie de Jekyll et Hyde (la couleur, les mouvements de grue y jouent un rôle primordial). Nous pourrions également parler de Jerry chanteur, assurément devenu l’un des vocalistes les plus brillants de son pays ; Mais c’est en dernier ressort, la satire qu’il convenait de souligner dans ce film surprenant. Lewis y dépasse les constats désenchanteurs de Preston Sturges ou de Tashlin, y approche dans sa chronique désabusée de l’homo americano, les prestigieuses découvertes de Buster Keaton. »

Robert Benayoun (Bonjour Monsieur Lewis ; Eric Losfield éditeur ; 1972)


« Une adaptation géniale de Docteur Jeckyll et Mister Hyde, dans laquelle Jerry Lewis règle ses comptes avec le monde du spectacle et dénonce le culte de l’apparence.

Jerry Lewis, le seul véritable génie apparu dans le cinéma américain des années 60, signe avec son quatrième long métrage un chef-d’œuvre absolu. Docteur Jerry et Mister Love (The Nutty Professor) est à la fois un classique de la comédie, une satire de la société américaine et un film matriciel du fantastique moderne… The Nutty Professor réussit l’exploit d’être une comédie hilarante et un film fantastique d’une virtuosité éblouissante. Lewis est un clown génial, un transformiste hallucinant, mais c’est également un réalisateur extrêmement brillant, dont la fluidité de la mise en scène et l’utilisation de la couleur influenceront la génération suivante des cinéastes cinéphiles. »

Les  Inrocks (16/08/2006)


« Quatrième film mis en scène par Jerry Lewis lui-même, celui-ci est l’un de ses plus parfaits et le fait que, derrière les gags et les grimaces, on sente une certaine amertume est l’une des nombreuses qualités de cette œuvre extrêmement personnelle. » André Moreau (Télérama 17/07/1981)


« …Jamais encore Lewis n’avait exprimé avec autant de frénésie l’univers insensé dans lequel vit constamment le personnage, qu’il approfondit de film en film depuis dix ans… Personne n’a encore poussé aussi loin la destruction systématique de l’univers normal, et surtout personne avant lui n’avait osé, pas même W.C. Fields, pas même les Marx, s’aventurer derrière le miroir pour explorer cet univers angoissant, étrangement proche de Kafka et de Borges… De film en film plus grave, de film en film plus drôle, de film en film plus inventif, de film en film plus délirant, Jerry Lewis vient de réussir avec The Nutty Professor, la tragédie la plus drôle et la comédie la plus bouleversante de l’histoire du cinéma, Jerry Lewis est peut-être en train de réinventer le cinéma. »

Yves Boisset (Cinéma 63 : N° 81)

LES ECLATS

(ma gueule, ma révolte, mon nom)

Documentaire de Sylvain GEORGE

2011 ; 1 H 24

Prix du meilleur documentaire

au Torino Film Festival 2011

Inédit à Troyes

Éclats de voix, éclats de rire, éclats de rage ; bribes de mots, d’images et de mémoire ; paroles du proche et du lointain, d’hier et d’aujourd’hui, d’Afrique, Moyen-Orient, Europe ; maladies disparues, mains de métal, souffle du vent, geste du soleil au couchant, reflets rouge-sang ; rafles policières, cortèges guerriers, cour d’injustice... Pour une cartographie de la violence infligée aux personnes migrantes, de la répétition de la geste coloniale, et du caractère inacceptable du “monde comme il va”


« Samplant la parole des uns et des autres, samplant leurs gestes, leurs musiques, le cinéaste parle de sa propre voix. Celle d’un citoyen de l’Europe de Schengen révolté contre la violence d’État et l’acceptation générale d’un arbitraire dont les conséquences se traduisent par la souffrance et la mort. Celle d’un poète qui oppose à cette violence une vision du monde dans laquelle sont magnifiés les individus dont elle voudrait nier l’existence.  Une voix brûlante qui continue de vous hanter, longtemps après la fin du film. »

Isabelle Regnier (Le Monde : 04/12/2012)


« Cinéaste, metteur en scène et écrivain, Sylvain George réalise depuis six ans  des films poétiques, politiques et expérimentaux (prix FIPRESCI notamment) sur les thématiques de l’immigration ou des mouvements sociaux. Son travail « militant » dénonce les politiques migratoires mortifères inacceptables, pour « dessiller les yeux », comme l’écrivait jean Vigo ; il procède par fragments, prenant soin de ne pas esthétiser la réalité qu’il capte : éclats de voix, éclats de rire ou de rage pris sur le vif d’hommes de nationalités et de couleurs différentes livrant leurs souffrances, omniprésence policière…. Sans prosélytisme, Sylvain George  réveille les consciences, reprenant à son compte la phrase du cinéaste américain John Gianvito : « Une blessure infligée à l’un est une blessure infligée à tous. »

Marie Toutée : (L’Annuel du cinéma 2013)


« Sylvain George  ou l’honneur du cinéma, engagé en cinéma, engagé en politique. Sur les traces évidentes des cinéastes militants du passé le plus proche – Chris Marker, Jean-Luc Godard, le groupe Dziga Vertov, etc. – dans cette manière de chercher encore et toujours à coïncider avec son époque, à rendre compte le plus justement possible de ce qui se passe, là, en France, dans la rue, sous nos yeux, dans nos champs, et qui n’est pas normal. » Jean-Baptiste Morain (Les Inrocks : 5/12/2012)

Vendredi 22 novembre (14 h ; 17 h & 20 h 30)

SEMAINE DE LA SOLIDARITE

MOIS DU FILM DOCUMENTAIRE

En partenariat avec la médiathèque de Sainte-Savine

PROGRAMMATION 2013

programmation 2012/2

programmation 2014