L'incinérateur de cadavres
L'impératrice rouge
Vengo
Carol
Les Balles du 14 juillet 1953
Algérie du possible
10949 femmes
La place
Dans ma tête un rond-point



No land's song
Dérrière la colline
Dérrière la colline
Le chanteur de Gaza
Photos " Le chanteur de Gaza "
I am not your negro
Le bouton de nacre
Il était un père
Programmation 2016
Programmation 2018

PROGRAMMATION 2017

Vendredi 20 janvier ( 14 h 30 & 20 h )

L'INCINÉRATEUR de CADAVRES


de   Juraj   HERZ


Tchécoslovaquie, 1969, 1 h 35


V.O.S.T.   inédit à Troyes

M. Kopfrkingl est un employé modèle. Incinérateur de cadavres de son état, il exerce son métier avec amour. Il aime ses morts, il est heureux de libérer les âmes et souhaite, par amour de son prochain, à tous une mort prochaine. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, un ami nazi le persuade qu'il doit avoir du sang allemand dans les veines. Et M. Kopfrkingl se prend à rêver d'une race pure. Son crématoire va pouvoir tourner à plein régime.


En 1968, alors que les tanks soviétiques arpentent le pavé pragois, se tourne dans les studios d'Etat L’Incinérateur de cadavres, film sombre et particulier. Le metteur en scène Juraj Herz est à l'initiative de ce projet et en signe le scénario avec Ladislav Fuks, auteur du roman dont s'inspire le métrage. Malgré l'écrasement du printemps de Prague, l’Incinérateur de cadavres sort dans les salles en Tchécoslovaquie et divers pays (dont la France). Il se voit même très bien récompensé au Festival du Film Fantastique de Sitges. Mais, trop insolite et dérangeant, il disparaîtra vite de la circulation dans son pays d'origine. Juraj Herz parvient encore à travailler dans son pays, avec beaucoup moins de libertés, tandis que certains de ses collaborateurs trop entichés des idées de réforme se verront purement et simplement interdire de poursuivre leur carrière.

Devil Dead.com, chronique, mai 2006


La guerre a entraîné la disparition de la Tchécoslovaquie et Prague, éphémère capitale d'un protectorat de Bohème-Moravie, s'est réveillée au son des bottes brunes claquant sur ses pavés. Pour Karl Kopfrklingl, un petit bourgeois tout à fait convenu, cela ne change rien. Employé au four crématoire de Prague, il continue d'incinérer les cadavres de la ville. Mais le conflit a changé la donne : des cadavres, il y en a de plus en plus et, surtout, le discours ambiant a changé. En fonctionnaire zélé, Karl veut entretenir de bonnes relations avec les autorités. Ainsi commence-t-il à prêter une oreille attentive au discours raciste en vigueur, auquel il finit par adhérer en tuant sa femme et son fils, qui ont du sang juif. Il ne s'arrêtera pas en si bonne voie...

À VoirALire, mai 2014


Le long-métrage achevé n’est finalement sorti que durant trois jours au début de l’année 1969, avant d’être purement et simplement interdit par des autorités sous haute surveillance soviétique. Sans jamais aborder de front le thème de la Shoah, Juraj Herz signe une métaphore particulièrement affreuse de cet épisode historique. En se concentrant sur le destin d’une unique famille, il fait prendre conscience de l’horreur d’une idéologie qui contamine peu à peu les esprits au point de leur faire admettre l’impensable. Par un renversement sémantique impressionnant, le monstre se persuade d’être un bienfaiteur et de servir l’humanité en la précipitant dans un gouffre sans fond.

Télérama, 14/10/2015


Le parcours d'un homme simple qui se voit en rédempteur du monde. C'est ce que lui offrira l’idéologie nazie dans laquelle il plongera aveuglément. […]  Un film audacieux qui na rien perdu de sa force, appuyé par des plans et un noir et blanc magnifiques.

Internaute, 2011


Incisif et puissant, riche et intelligent, L’Incinérateur de cadavres se distingue sans difficulté du tout venant du cinéma, offrant une horreur hors du commun, une forme créative et cinglante, portant un propos glaçant, d'une logique implacable dans sa démonstration : le mal et la brutalité la plus extrêmes sont latents au fond de l'homme le plus doux et le plus banal.

Emmanuel Denis, 2006

Vendredi 3 février (14 h 30 & 20 h )

L'IMPÉRATRICE ROUGE


Un film de Josef von Sternberg


(USA ; 1934 ; 1h45)


Avec Marlène Dietrich, John Lodge, Sam Jaffe

L'Impératrice rouge (The Scarlet Empress) est un film américain réalisé par Josef von Sternberg, sorti en 1934. Le film est le sixième du couple Marlene Dietrich - Josef von Sternberg, après L'Ange bleu et Cœurs brûlés en 1930, Agent X 27 (1931), Shanghaï Express (1932) et Blonde Vénus (1933).


En 1744, en Russie, la princesse allemande Sophia Frederica doit épouser le grand-duc Pierre III de Russie, neveu de l'impératrice Élisabeth Ire. Frustrée par le manque d'envergure de son mari, elle séduit le comte Alexei, puis le capitaine Orlov. À la mort de l'impératrice, elle fait assassiner son époux, et devient ainsi Catherine II, impératrice de toutes les Russies.


Porté par l'étourdissante Marlene Dietrich, un superbe tourbillon romanesque à la réalisation et aux décors grandioses.

Télé-loisirs.fr


Josef von Sternberg aurait peut-être fini dans les oubliettes du cinéma sans sa muse Marlene Dietrich et réciproquement. À eux deux, ils donnèrent à l’industrie hollywoodienne tout juste parlante six bijoux (et L’Ange bleu au cinéma allemand), associant deux idées presque contradictoires, l’art expressionniste et le glamour. Dans L’Impératrice rouge, avant-dernier film de leur collaboration, ils sont au sommet de leur art : les clairs obscurs de Von Sternberg n’ont jamais été aussi audacieux, et Marlene n’a jamais été aussi envoûtante...

Crtikat.


Marlene statufiée vivante dans une fresque pleine de démesure.


Sternberg n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans cette biographie dont on peut douter de l’historicité. Mais peu importe, il tenait avec ce "roman de formation" un sujet de rêve qui lui permettra de hausser Marlene Dietrich sur un piédestal olympien. Loin de la reconstitution, stylisée à l’extrême, bourrée d’images violentes et inoubliables (l’homme servant de battant à une gigantesque cloche), tournée dans des décors fastueux dus à l’imagination sans limite du metteur en scène, grouillant de personnages retors, sarcastiques ou immondes, cette fresque colossale, pleine d’excès en tous genres, de bruit, de fureur et de stupre, fait éclater le cadre de l’écran. Et bien sûr il y a Marlene, jeune fille un peu naïve devenant figure impériale inaccessible, statufiée vivante dans ce dernier plan, au sommet des marches du palais. Immortelle !

À voir à Lire

Vendredi 17 mars ( 14 h 30 & 20 h )

VENGO


Drame de Tony Gatlif


(Espagnol, japonais, allemand, français)


 2000 ; 1 h 30 ; inédit à Troyes)


Avec : Antonio Canales, Orestes Villasán Rodríguez, Bobote.

Caco, un Andalou, n'arrive pas à faire le deuil de sa fille. Il noie son chagrin en faisant la fête, accompagné de son jeune neveu, Diego, dont le handicap physique n’empêche pas la passion pour la bringue, les femmes et le flamenco. Nous sommes en Andalousie, dans le "Sud Sud", où l'honneur a ses racines. La famille de Caco a une dette de sang envers la famille des Caravaca. Quelqu'un devra payer.


Vengo n’est pas un film sur le flamenco, c’est un film viscéralement flamenco : ça bouillonne flamenco, ça hurle flamenco, ça aime flamenco, ça claque flamenco… Vengo n’est pas un film sur le sud, c’est un film méditerranéen dans l’âme et le corps, qui appartient à cette terre où le sang s’échauffe pour un oui, pour un non, où l’honneur trouve ses racines, dans ce « Sud-Sud » entre orient et occident. Vengo, c’est l’Andalousie et son soleil de plomb, ses murs blanchis à la chaux, ses femmes tout de noir vêtues, ses nuits interminables et le son des guitares comme un deuxième langage.

Et puis il y a les hommes, ténébreux et fiers, attachés aux valeurs ancestrales, des hommes qui vivent pour deux trésors : la famille et le flamenco. Ils carburent à l’instinct, et la musique, toujours, est là pour les accompagner.

Corinne Savy (ethno-musicienne)


Voilà un film aux couleurs de sable et de sang qui vous laisse des pépites d’or plein les yeux. Et des frémissements plein le cœur. Un film bouleversant et magnifique qui réussit à rendre, par écran interposé, l’essence même de cette musique qui est aussi une danse, à moins que ce soit l’inverse. Un film dont la puissance et l’originalité, la rigueur et l’émotion vous feront mordre la poussière.

Michel Rebichon (Studio Magazine)


Ce n’est d’ailleurs pas tant le scénario linéaire (le petit défaut des films de Gatlif) qui interpelle que l’énergie bouillonnante insufflée par les personnages, incarnés sans fausses notes par des non-professionnels, et la musique live.

Christophe Narbonne (Première)


Dans Vengo, Tony Gatlif, gitan d'origine et compositeur de plusieurs de ses musiques de films, n'utilise pas le flamenco, il se coule à l'intérieur pour faire sentir le battement de son sang, le tourment de sa douleur et la pureté rageuse de son lyrisme en sueur.

Eric Libiot (L'Express)


"Il n'y a probablement pas meilleur cinéaste français qui sache aussi bien filmer la danse, la musique et le chant que Tony Gatlif."

Jérôme Larcher (Cahiers Du Cinéma)

Vendredi 7 avril ( 14 h 30 & 20 h )

CAROL


Un film de Tod Haynes

Film britannico-américain

118 mn

2015, VOST, Inédit à Troyes

Date de sortie en France :

17 mai 2015 (Festival de Cannes)

Dans le New York des années 1950, Thérèse, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

Allociné


Deux magnifiques portraits de femmes en quête d’émancipation, interprétées par un duo exceptionnel, Cate Blanchett et Rooney Mara.

Journal du Dimanche, Stéphanie Belpêche.


Un somptueux mélo brûlant sous la glace, coup de foudre contrarié de deux femmes sur fond de fifties new-yorkaises. Libération, Didier Péron.

Femme-femme. En vingt-cinq ans, Todd Haynes est graduellement passé de la provocation underground à un néoclassicisme léché, qui est à son sommet de sophistication dans cette histoire de femmes entre elles située à New York dans les années 1950. L’une est une jeune vendeuse de magasin, l’autre la cliente plus mûre et sophistiquée qui la séduit. Ou comment aborder avec un tact absolu des sujets que le cinéma romantique de l’époque dépeinte n’effleurait même pas. Ce n’est pas seulement un film au décorum soigné, mais un poignant drame amoureux, où Haynes continue à s’affirmer comme le héraut du cinéma queer, tout en rendant hommage au grand mélo hollywoodien.

L’Humanité.

Samedi 20 mai ( 14 h )

LES BALLES DU 14 JUILLET 1953

Documentaire de Daniel Kupferstein

France, 2014, 1 h 25 mn

En présence du réalisateur

Le 14 juillet 1953, au moment où la manifestation parisienne se disperse, la police tire sur un cortège de nationalistes algériens causant 7 morts et plus de 60 blessés. Face au parti communiste, organisateur de la manifestation, qui dénonce cette tuerie, les autorités invoquent la légitime défense. Les victimes, six Algériens et un Français, seront vite oubliées et les familles n’obtiendront jamais réparation, ni en Algérie, ni en France.


En articulant les explications d’historiens avec celles de nombreux protagonistes, le film s’attache à rétablir la vérité et rendre justice aux victimes. Interrogés sur les lieux du drame, place de la Nation, des témoins français et algériens, dont plusieurs ont été blessés par balles, rappellent leur panique devant le déchaînement de la violence policière. De leur côté, deux anciens policiers reconnaissent qu’ils ont fait feu sur une foule désarmée puis, sur ordre, fait disparaître les preuves (plus de 200 douilles). En Algérie où les morts furent vite rapatriés, les obsèques se déroulèrent sous haute surveillance. Assemblés devant leurs tombes, les proches rendent honneur à ces martyrs auxquels l’Algérie indépendante a dénié le titre glorieux de "moujahid" (combattant)…

Le Maghreb des Films, Eva Segal.

ALGÉRIE DU POSSIBLE

Documentaire de Viviane Candas

France, 2015, 1 h 22 mn

En rencontrant ses anciens compagnons de combat, le film suit le parcours d'Yves Mathieu, anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN. À l'indépendance de l'Algérie, il rédige les Décrets de Mars sur les biens vacants et l'autogestion, promulgués en 1963 par Ahmed Ben Bella. La vie d'Yves Mathieu est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu'on appelait alors « Le Phare du Tiers Monde ». La réalisatrice, qui est sa fille, revient sur les conditions de son décès en 1966.


Ce documentaire pudique ne sombre jamais dans l'accusation facile, tout en évoquant beaucoup de sujets passionnants (peut-être trop pour une durée aussi courte) : l'indépendance, le pétrole algérien, l'alphabétisation, l'autogestion, le napalm, la restitution des terres... Le tout éclairé par le commentaire sobre de la cinéaste Viviane Candas.


Voilà un film qui fâchera les quelques nostalgiques de l'Algérie française, mais rappelle à tous les autres que c'est en sondant son passé que l'on prépare l'avenir. - Pierre-Julien Marest

Vendredi 19 mai ( 14 h 30 )

10949 FEMMES

Documentaire de Nassima Guessoum

Algérie, France, 2016, 1 h 16 mn

La guerre d’Algérie a longtemps été surnommée « la guerre sans nom ». Sans nom, parce que les gouvernements français ont successivement refusé de lui reconnaître officiellement celui de « guerre », préférant parler d’« opérations » ou d’« événements » en Afrique du Nord. Parler de guerre, c’eût été reconnaître au Front de Libération Nationale, par sa qualité de belligérant, une légitimité hors de l’État français que ce dernier ne pouvait se résoudre à lui accorder. Si la loi du 18 octobre 1999 a enfin comblé cette lacune, cette guerre demeure très factuelle, faite de chiffres, de dates, d’événements et d’analyses politiques, mais de peu d’humain : pour Nassima Guessoum, jeune réalisatrice franco-algérienne, elle demeure encore une guerre sans visage. C’est donc un visage qu’elle a choisi de lui donner pour son premier long-métrage documentaire, choisi parmi les dizaines de milliers de moudjahidines de l’indépendance algérienne, et plus précisément parmi 10949 femmes.

Vendredi 19 mai ( 20 h )

LA PLACE

Comédie musicale de Dahmane Ouzid

(Français, Algérien), 2012, 1 h 55 mn

En présence du réalisateur

Au cœur d'une cité neuve, un terrain non aménagé : La Place, qui devient source de problèmes, manque d'hygiène, manque de civisme. Les habitants décident de l'aménager : terrain de foot, centre commercial, espace vert, etc. Pendant ce temps, une minorité d'affairistes véreux manœuvre pour se l'approprier, tandis que la majorité silencieuse sombre dans l'indifférence. Les jeunes eux, fuient le quotidien maussade et rêvent d'une vie meilleure, d'amour, de visa...


Première comédie musicale algérienne, le film dresse en filigrane le portait d'une jeunesse, dont le principal souhait est de croquer la vie à pleine dents, en butte avec les monolithes institutionnels d'une société qui n'a pas su évoluer. Les Mutins de Pangée


Interprété par des jeunes talents du rap, du hip-hop ou de la musique plus traditionnelle, La Place […] navigue habilement entre l'apparente soumission aux codes dominants et la critique lucide de ceux-ci. La Place est un des objets cinématographiques les plus bizarres du moment. Le Monde, J. Fenoglio.


Un film prémonitoire : il est sorti en Algérie en 2009. Avant que la place ne devienne le lieu de révolte des 'printemps arabes'… L'Indépendant

  

Samedi 20 mai ( 20 h 30 )

DANS MA TÊTE, UN ROND-POINT


Film de Hassen Ferhani

(Algérien, Français, Qatarien, Néerlandais ), 2016, 1h40 mn

En présence du réalisateur

Dans le plus grand abattoir d'Alger, des hommes vivent et travaillent à huis-clos aux rythmes lancinants de leurs tâches et de leurs rêves. L'espoir, l'amertume, l'amour, le paradis et l'enfer, le football se racontent comme des mélodies de Chaabi et de Raï qui cadencent leur vie et leur monde.


« Dans ma tête y a un rond-point. Avec quatre-vingt-dix-neuf chemins. Et je ne sais pas lequel prendre. » Ces mots ne sont pas ceux d'un routier mais d'un jeune boucher, qui travaille dans un abattoir à Alger. […] Dans des conditions d'hygiène effrayantes, ces forçats du coutelas écoutent du raï et discutent beaucoup. Télérama, Jérémie Couston.


Sur fond de raï et entre confidences intimes ou déclarations poétiques, voire frôlant la philosophie, un documentaire âpre mais édifiant sur l'Algérie d'aujourd'hui. Les Fiches du CinémaGilles Tourman.


Un riche objet formel qui fait d'un document humain, social un objet esthétique, mais aussi politique et historique s'arrimant au motif du rond-point. Critikat.com,  Marie Gueden.

Samedi 20 mai ( 17 h )

VENDREDI 19 et SAMEDI  20 MAI 2017

CINE-RENCONTRES : Regards sur le cinéma algérien d’aujourd’hui En présence de Jacques CHOUKHROUN, spécialiste du cinéma algérien

VENDREDI 23 juin 2017

FETE DE LA MUSIQUE 

Vendredi 23 juin ( 14 h 30 & 20 h )

LAND'S NO SONG

Documentaire de Ayat Najafi

Allemagne, Français, Iranien

(2014, 1 h 35 mn)

  

Ayat Najafi : “Avec ‘No land's song’, je voulais parler de la place des femmes dans la musique iranienne”


En Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n'ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes. Une jeune compositrice, Sara Najafi, avec l'aide de trois artistes venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), va braver censure et tabous pour tenter d'organiser un concert de chanteuses solo.


Une plongée dans le combat de femmes iraniennes déterminées à reprendre leur liberté, défiant la censure et la charia : celle de chanter devant un public.

 

Quand Sara, la sœur d’Ayat Najafi, décide d’inviter deux chanteuses françaises et une tunisienne à un récital à Téhéran, le cinéaste se dit que « ça fait un film à suspense ». Et c’est exactement cela ! Ce documentaire nous tient en haleine : Jeanne Cherhal, Élise Caron, Emel Mathlouthi découvrent le sadisme du régime. Sara affronte, caméra cachée, des fonctionnaires bornés. Si vaillante ! A elle seule, elle incarne l’esprit persan. Vont-elles y arriver ? Mystère. A travers ses retournements dramatiques, le film révèle la brutalité et la perversité de la dictature des mollahs. Paris Match

La musique que veulent faire vivre Sara Najafi et ses consœurs iraniennes mérite d’être entendue, et la présence des musiciennes étrangères est, pour le spectateur peu familier des sonorités persanes, un truchement précieux, qui permet de percevoir, derrière la complexité, une beauté radieuse.

Le Monde, Thomas Sotinel


Comme dans le film les Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, qui nous montrait une jeunesse iranienne follement éprise de musique, on découvre combien celle-ci est un véritable antidote à l’autoritarisme.

Libération, Jean-Pierre Perrin


Le film montre au quotidien l’absurdité d’une société très administrée obéissant à l’irrationnel. (…) C’est un film simple, sans prétention formelle, mais riche et bouleversant.

Les Inrockuptibles, Jean-Baptiste Morain

Vendredi 29 septembre ( 14 h 30 & 20 h )

DERRIÈRE LA COLLINE

Un film de Elmin Alper

(turquie-grèce ; 2013 ; 1 h 34 ; VOST ; inédit à Troyes)

Avec Tamer Levent, Reha Özcan, Mehmet Özgür

Improbable western hypnotique dans la wilderness anatolienne, Derrière la colline déplie ses visions hallucinées dans une narration elliptique menée de main de maître et servie par un casting sans fausse note. Critikat.com, Alice Leroy


En évoquant par l'allégorie, la situation politique de son pays, le réalisateur turc livre avec distance et ironie une fable universelle sur la cohésion de la communauté par la peur de l'autre. La Croix, Corinne Renou-Nativel


La suggestion, c'est tout l'art d'Emin Alper, qui prend un plaisir pervers à déplacer ses personnages dans un décor à la démesure écrasante. Insensiblement, il instille l'idée que cette nature bruissante et solaire pourrait bien devenir le théâtre de l'horreur. (…)  Progressivement, la menace se précise : il est moins question du danger que de la peur du danger. Dans cette histoire trouble où le conflit de territoire s'avère une fausse piste, où chaque personnage trimballe son lot d'ambiguïtés, de culpabilité et de rancœurs, le fantasme est la matrice du drame. Télérama, Mathilde Blottière, 10/04/2013


Le film frappe grâce à son minimalisme étudié, ses subtiles ruptures de ton (...) ou ses jeux d'échelle (...). Chaud brûlant et vertigineux après une longue exposition : "Derrière la colline" a tout du beau coup de soleil. Les Inrockuptibles, Léo Soesanto


On est là dans une tradition qui, adhérant pour l'essentiel à une représentation soigneusement réaliste et à des plans généraux qui évoquent Kiarostami, donne en même temps le sentiment d'une allégorie politique contemporaine, (...) comme le faisaient "La Chasse" de Saura ou "La Patrouille perdue" de John Ford.

Positif, Jean-Loup Bourget

 

Une ironie teintée d'absurde nappe l'ensemble [du film], jusqu'à un final grandiose. Première, Isabelle Danel

Vendredi 13 octobre ( 14 h 30 & 20 h )

LE CHANTEUR DE GAZA

Comédie dramatique de Hany Abu-Assad

Film palestinien, britannique, qatari, néerlandais, émirati

Avec Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Attalah

L’histoire est vraie : en 2013, l’émission de télévision Arab idol, équivalent de Nouvelle star pour les pays du monde arabe, se termine, au Caire, par le couronnement d’un jeune homme venu clandestinement de Gaza. Avec ce biopic, l’incroyable parcours de Mohammed Assaf devient conte de fées. Le réalisateur palestinien Abu-Assad, auteur d’un film très politique, Paradise now, choisit donc de revisiter la réalité sous l’angle d’un émerveillement un peu simple. En donnant de l’importance aux jeunes années du futur chanteur, il fera surtout la joie des gamins, fans de nouvelles stars, qu’elles soient de Gaza ou d’ailleurs. Frédéric Strauss, Télérama

De l’enfance de ce gamin dans un camp de réfugiés, à ses premières performances lors de mariages avec sa sœur et ses amis, jusqu’à sa traversée de la frontière pour passer les castings en Égypte et son titre reçu à la télévision, le long-métrage dresse le portrait d’un garçon passionné, courageux et prêt à tout pour vivre son rêve malgré le contexte politique. Désormais célèbre à Gaza et dans une grande partie du monde arabe, le jeune homme est d’ailleurs devenu un symbole d’espoir pour sa communauté.

Marilyne Letertre, LCI

Il ne s’agit pas de raconter la volonté d’un énième prétendant à la gloire mais le destin d’un homme à la dignité impressionnante, devenant malgré lui la fierté de son pays, fédérant extrémistes et modérés.

Christophe Carrière, L’Express

Cette structure conventionnelle est magistralement mise au service d’une fable poignante : comment, à travers la pop culture - récits disneyens d’enfance, shows télé - un peuple sans pays trouve fierté et identité.

Damien Aubel, Transfuge

[…] une fiction enlevée, qui finit par se fondre avec la réalité, mêlant dans ses dernières séquences extraits de l’émission, bandes d’actualité et prises de vues mises en scène. Le cinéaste se plie aux codes du genre, tel que Hollywood les a gravés dans le marbre, s’autorisant tout juste quelques clins d’œil aux débordements sentimentaux des comédies musicales égyptiennes.

Thomas Sotinel, Le Monde

Les photos

Vendredi 17 novembre ( 14 h 30 & 20 h )

I AM NOT YOUR NÉGRO

Documentaire de Raoul Peck

Film américain, suisse, français, belge, 2017 1h35

Inédit à Troyes

Le porte-parole de tout un peuple (Courrier international)

C'est un film empreint de colère mais aussi nimbé de sagesse, à la croisée de l'intime et de l'universel. La méditation d'un homme noir sur sa condition, qui, à force de lucidité, rejoint la cause de tous les opprimés. (Télérama)

Un film qui dérange (Courrier international)

“Il vous sera même difficile de trouver un film plus en phase avec l’instant présent, avec autant de force et de lucidité, qui met le doigt sur des vérités qui dérangent en tirant les sévères leçons des ombres du passé.”

(New York Times)

Un film à voir et à diffuser

Un film documentaire de Raoul Peck remarquable tant sur la forme que sur le fond. Un film réellement instructif qui vous invite à réfléchir de manière nuancée et approfondie.

Malheureusement, "I AM NOT YOUR NEGRO" ne bénéficie pas d'une diffusion suffisante pour toucher ceux qui auraient le plus besoin de l'être. Il risque par là de n'attirer et donc de ne convaincre que ceux qui l'étaient déjà, ce qui serait très dommage puisque, de par l'exposition de points de vue divers et leur articulation avec des faits historiques, il invite à une analyse qui fait gravement défaut à une proportion importante de nos concitoyens.

 (Médiapart)

Dans la construction de son documentaire, Raoul Peck confronte cette prose à des images d'archives, qu'elles soient publiques ou privées, mais également à des extraits de classiques du cinéma hollywoodien. "Les images servent de ponctuation aux mots et à la musique et vice versa. En revenant sur la traditionnelle iconographie "noire" avec ses clichés, les non-dits, les erreurs fondamentales d'interprétation voire, à certains moments, la pruderie paternaliste, nous voulons redéfinir sa signification et son impact". Par ce montage frénétique, ce documentaire revient sur cette construction du héros blanc américain que Baldwin méprisait.

(Challenges)

SEMAINE DU FESTIVAL DE LA SOLIDARITE

Vendredi 24 novembre ( 14 h 30 & 20 h )

LE BOUTON DE NACRE


Un film de Patricio GUZMAN

Chili, France, Espagne ; 2015 ; 82 mn ; VOST ; inédit à Troyes

Impressionnant. Voilà le seul mot qui puisse espérer décrire l’intelligence, la beauté, et l’humanité profonde du dernier opus de Patricio Guzmán. Crtitikat.com


Patricio Guzman filme avec brio l'histoire de son pays, dans toute sa violence et sa poésie.

Le Monde.


Quel rapport entre l’eau, des tribus indiennes, Pinochet et un bouton de chemise en nacre ? Pour le savoir, il faut voir ce documentaire historique, politique et surtout poétique de Patricio Guzmán. Sans déflorer le film, on peut quand même donner un élément de réponse : la Patagonie chilienne, ce vaste archipel à la pointe australe du continent sud-américain qui se termine au Cap Horn, soit, pour nous, le bout du monde.

Après avoir filmé le désert d’Atacama dans l’extrême nord de son pays (Nostalgie de la lumière, 2010), Guzmán explore ici l’extrême sud, où l’eau remplace le sable. Il part du principe que comme la terre, l’eau a une mémoire. Celle, par exemple, des indigènes qui vivaient là depuis dix mille ans et furent quasiment exterminés par les colons. Ils sont aujourd’hui une vingtaine de survivants de ces peuplades, dont deux figurent dans ce film.

Les Inrockuptibles.


La voix de Guzmán, ses images sensualistes et les interviews passionnantes forment le fil conducteur de ce collage fascinant qui rappelle la filmographie de Terrence Malick par son esthétique cristalline et par sa volonté de caresser la matière.

Première


Des anecdotes empreintes d'une tendre nostalgie, issues d'ethnies encore présentes, contribuent également à la beauté et à la grandeur humaniste de cette fascinante œuvre circulaire.

Positif

Mois du Film Documentaire (En partenariat avec la médiathèque de Ste Savine). Semaine de la Solidarité Internationale

Vendredi 15 décembre ( 14 h 30 & 20 h )

IL ÉTAIT UN PÈRE

Drame de Yasujiro OZU

(Japon, 2005, 1 h 26, VOST, inédit à Troyes)

Dire beaucoup avec une économie de mots, une simplicité de moyens. C'était l'un des principes de la mise en scène du maître japonais, Yasujirô Ozu. Longtemps inédit, le magnifique Il était un père (1942) ne fait pas partie de ses films les plus célèbres. Il met en scène un père qui a arrêté l'enseignement à la suite de la noyade d'un enfant et qui élève seul son jeune garçon. Un jour, il doit s'éloigner de lui pour pouvoir payer ses études.

Télérama, Jacques Morice


C’est l’histoire d’un père et d’un fils qui vivent dans l’abnégation, la soumission aux lois, l’amour du travail, de la patrie, le respect des défunts. Le fils obéit au père sans broncher, et quand il verse une larme, celui-ci lui rappelle que les garçons ne pleurent pas. Le film a été tourné en 1942 au Japon, trois ans après le retour d’Ozu du front chinois. Il n’y a pas de haine entre le père et le fils, car la haine est interdite entre les pères et les fils dans un pays en guerre, où il n’y a plus de pères ou de fils, mais des soldats. Tous les jeunes hommes du film sont de bons citoyens, cadres, mariés, pères, futurs soldats. On ne parle pas de guerre dans Il était un père, mais elle est là.

Les INROCKS, J-Baptiste Morain, juin 2005


Réalisé en 1942 d'après un scénario datant de 1937, Il était un père est un des rares films d'Ozu à avoir été tournés durant la seconde guerre mondiale. Comme le titre l'indique, son sujet, les relations entre un père et son fils se rattachent à un thème universel qui nourrit depuis la nuit des temps l'inspiration des artistes. Qu'est-ce qu'être père, qu'est-ce qu'être fils ? Voilà les questions auxquelles ce film, à défaut de les trancher, confère la mystérieuse conviction d'une forme cinématographique. Cette forme, terriblement ambiguë et en même temps si intensément, si cruellement juste, est celle de l'éloignement, qui permet à la fois au père de cesser d'être un fils et au fils de devenir père à son tour.

 M. CINEMA, Jacques Mandelbaum, 28/6/2005

  

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