Mélancolie ouvrière
Les nuits blanches du facteur
Noces
A voix haute
Programmation janvier à décembre 2017
Les intranquilles
Le loup de Vinohrady
Free Fall_Chute libre
Candidat
Ida
Éclairage intime
L'Opéra
Winter Brothers
Pour le reconfort
Pour le reconfort
Sénégal des femmes d'exception
Atelier de convesation

Programmation 2018

19 janvier

19 février

16 mars

13 avril

18 mai

25 mai (14 h 30)

15 juin (20h)

26 mai (14 h)

26 mai (17 h)

26 mai (20 h 30)

22 juin

28 septembre

12 octobre

9 novembre

23 novembre

14 décembre

Synopsis


Lucie Baud (Virginie Ledoyen) naît en 1870 dans une famille de paysans pauvres de la région de Grenoble. A douze ans, elle entre comme apprentie dans une filature de soie et se marie à 20 ans avec un garde champêtre. A la mort de son mari, chassée de son logement de fonction, Lucie se retrouve seule alors que les patrons de la filature décident de baisser les salaires et d’augmenter les cadences. C’est la grève.

Lucie se dresse en première ligne face au patron, soutenue par Auda (Philippe Torreton), un syndicaliste qui affermit sa détermination, l’éduque politiquement, et ne tarde pas à lui faire la cour avec succès. Une grande aventure démarre alors, dans laquelle Lucie Baud se jettera corps et âme contre « l’infinie servitude des femmes ».


Gérard Mordillat réalise pour ARTE la fiction historique Mélancolie ouvrière adaptée de l’essai de Michelle Perrot sur la vie de Lucie Baud, première femme syndicaliste et porte-parole féministe du début du XX° siècle.

Une biographie sur fond de chansons de l’époque, sous la direction musicale de Jean-Claude Petit, avec au casting : Virginie Ledoyen, Philippe Torreton et la participation de François Cluzet.

Le Poulpe Vert blog


 Ce film est l'adaptation du livre éponyme de Michelle Perrot paru en 2012 aux éditions Grasset. C'est l'histoire de Lucie Baud (1870-1913) ouvrière en soie dans le Dauphiné, ayant mené des grèves à Vizille et à Voiron. Michelle Perrot dans son livre qui inspire le film relate l’histoire des mouvements syndicaux dans cette région du Dauphiné. Après ce nouvel échec et des divisions qui vont se créer entre les grévistes, « Il y a une mélancolie ouvrière des lendemains de grève, qui pèse d’autant plus qu’officiellement on n’avoue pas l’échec… Chacun retrouve ses problèmes et sa solitude ».


« La mélancolie se situe à trois niveaux. La mélancolie d’un mouvement ouvrier échoué avec des lendemains de grève douloureux ; la mélancolie de Lucie Baud aboutissant à une tentative de suicide ; la mélancolie de l’historienne elle-même, qui cherche à rencontrer cette femme depuis très longtemps, mais se rend compte qu’elle lui échappe. Je ne rencontre pas Lucie Baud comme j’aurais voulu, car les inconnues et les hypothèses sont grandes. » 

Michelle Perrot


« Montrer la vie de Lucie Baud, de cette femme exceptionnelle par son intelligence, par son courage, son abnégation, son sens du bien commun, c’est aussi dire ce qui nous manque aujourd’hui. »

G. Mordillat

VENDREDI 19 JANVIER ( 20 h)


MELANCOLIE OUVRIERE


Film de  Gérard Mordillat


France, 2017, 1 h 34


 inédit à Troyes

Séance unique à 20 h au centre culturel ART DECO, Sainte-Savine, en présence du réalisateur Gérard Mordillat

Synopsis : Coupés du monde, les habitants des villages autour du lac Kenozero ont un mode de vie proche de celui de leurs ancêtres : c’est une petite communauté, chacun se connait et toute leur activité est tournée vers la recherche de moyens de subsistance. Le facteur Aleksey Tryaptisyn et son bateau sont leur seul lien avec le monde extérieur et la civilisation. Mais quand il se fait voler son moteur et que la femme qu’il aime part pour la ville, le facteur décide de tenter une nouvelle aventure et de changer de vie.


Avec ce docu-fiction plastiquement stimulant, décrivant un village russe résistant à la civilisation moderne, Andrei Kontchalovski accomplit un geste fort voire troublant des décennies après "Bonheur d'Assia" (1967).

Romain Le Vern TF1 News


On peut être insensible, voire réfractaire à cette ligne mélodique. Mais Andreï Kontchalovski en a fait une composante essentielle de son film, et si l’on veut s’enivrer de la lumière étrange du crépuscule sans fin des nuits blanches, rêver éveillé en compagnie de Lyokha, il faut le faire sous le ciel de l’empire.

Thomas Sotinel, Le Monde


Étrange trio au bord de l'irréel...

Pierre Murat, Télérama


Tout ce qui est du domaine du réel (allées et venues du facteur Aleksey en barque, rapport aux autochtones) fonctionne très bien. Mais quand le film tente de faire des incursions dans la fiction, c’est plus aléatoire.

Isabelle Danel, Première


Vision à la fois bon enfant et un peu mélancolique d’un pays où — en dehors des grands centres — seuls la décrépitude et l’oubli semblent progresser. C’est pourtant le plus optimiste des films russes depuis longtemps.

Vincent Ostria, L'Humanité


Diffusé à la télévision russe, Les Nuits blanches du facteur a connu un succès certain. Le film, pourtant réalisé avec de modestes moyens, insuffle à chaque plan la grandeur des paysages de l'est, captée sur les rives du lac Kenozero, dans la région d'Arkhangelsk.

Arnaud Schwatrz, La Croix


Entre fiction et documentaire, une ode vibrante à la nature et à ses habitants. Un film venu d'ailleurs.

Pierre Fornerod, Ouest France

VENDREDI 19 FEVRIER (14 h 30  & 20 h)


LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR


Un Drame d’Andrey KONCHALOVSKY


(Russe ; 2014 ; 1h51)


inédit à Troyes

VENDREDI 16 MARS (14 h 30 & 20 h)


NOCES


Drame de Stephan STREKER


Film (Belgo-franco-Pakistan-Luxembourgeois)


 2017 ; 1 h 38 ; inédit à Troyes)

Synopsis : Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.


La force terrible de la tradition, envisagée ici dans le pays européen d’émigration où le choc culturel est d’autant plus fort, dans un film qui trouve sa force dans la justesse du regard et le refus du manichéisme simpliste.

Jean Serroy, Le Dauphiné Libéré


Noces est le film dont notre époque avait besoin. La réponse, urgente et mesurée, à l’obscurantisme qui menace nos sociétés et réduit les femmes au silence.

Romain Blondeau, Marie Claire


Toute la dynamique du film tient à cette seule orientation : s'engouffrer sur le boulevard de la fatalité jusqu'à un point de non-retour qui provoquera l'effroi et la colère.

Clément Graminiès, Critikat.com


L’un des aspects les plus remarquables du film tient à la justesse des distances à laquelle se tient Stephan Streker. De plus il n’omet aucune des ambivalences de ses personnages.

Dominique Widemann, L'Humanité


Ces moyens sont mis au service d’une démonstration plus que d’une histoire, dans laquelle chaque personnage, si sympathique soit-il, est entièrement déterminé par son origine géographique, sans que jamais le trouble, le doute ne soient admis dans cet édifice.

Thomas Sotinel, Le Monde


Avec "Noces", le Belge Stephan Streker signe un troisième film coup de poing autour du thème du mariage forcé. Les deux acteurs principaux, admirables, ont d'ores et déjà été récompensés dans les festivals. Nathalie Simon, Le Figaro


Le réalisateur ne juge pas : chacun a ses raisons et personne n'est vraiment un salaud dans ce film subtil, délicat, superbement éclairé. Au milieu d'un casting parfait (...), il plonge dans les yeux noirs de sa jeune interprète, Lina El Arabi, révélation fulgurante, qui offre à la rébellion un visage doux et décidé.

Guillemette Odicino, Télérama

Chaque année, à l'université de Saint-Denis, des jeunes se disputent le titre de meilleur orateur au concours Eloquentia. Un documentaire passionnant raconte sa genèse.


C’est une histoire de mots. Mots fiévreux, mots poétiques, mots en cascade. Une poignée de gamins de banlieue inventent un nouveau langage, brassent les adjectifs, s’expriment en alexandrins, par prosopopées, en sketchs, en contes, en français de "haute graisse". Et c’est magnifique, enthousiasmant. Les phrases, portées par une inspiration vibrante, s’envolent, il y a de la soul là-dedans, et jamais les murs des HLM du  9-3 n’ont entendu pareille fête.

Joutes oratoires électriques : dans À voix haute, documentaire bluffant de Stéphane de Freitas et Ladj Ly, on assiste, bouche bée, au concours Eloquentia. Il s’agit d’un "programme de prise parole" où une centaine d’ados issus des quartiers dits sensibles s’affrontent, en inventant des textes sur un thème donné. Le vainqueur a droit à une bourse d’études, mais c’est secondaire. Ce qui importe, c’est l’envolée, le lyrisme, la créativité, la conviction. Ce qui reste, c’est la poésie.                                      

François Forestier, L’Obs.


Un pur moment de bonheur et d’espoir offert par des jeunes qui ont décidé d’exister à travers les mots.

Stéphane de Freitas, artiste et réalisateur, s’est inspiré de sa propre expérience pour réaliser ce documentaire. Sa réflexion porte sur « le rapprochement des opposés ». Il grandit en Seine Saint-Denis au cœur d’une famille portugaise, puis est propulsé dans l’univers des beaux quartiers de l’Ouest parisien à l’adolescence. Ses expressions banlieusardes sont alors un handicap à surmonter pour se faire accepter. Il comprend que c’est en maîtrisant les mots et les nuances d’une langue que l’on peut toucher les autres et communiquer avec eux.            

À Voir A Lire

VENDREDI 13 AVRIL (14 h 30 & 20 h)


A VOIX HAUTE : LA FORCE DE LA PAROLE


Un documentaire de Stéphane de Freitas, Ladj Ly

Film Français

Date de sortie 12 avril 2017

Inédit à Troyes, 1 h 39

En présence de Loubaki (formateur-slameur) et de Eddy Moniot (acteur)

Programmation

        2017

Nous les intranquilles est un film collectif qui commence au centre Artaud, centre d’accueil psychothérapeutique. Le groupe cinéma du centre raconte la maladie, la thérapie, leur rapport au monde. Après un premier geste documentaire, le film devient participatif et met en scène son élaboration en collectif.

À travers leur autoportrait, les personnages cherchent à donner une image humaine de la folie. Ils s’amusent des idées reçues pour mieux les subvertir. En s’emparant tous ensemble du projet artistique, ils démontrent par l’exemple qu’un autre monde est possible.


« Il y avait ce trou noir,

Ce bruit blanc envahissant qui nous rendait intranquilles.

Et la question qui revenait en boucle : un autre monde est-il possible ?


Je suis autre,

Tout comme chacun, car qui est « comme les autres » ?

Nous sommes tous autres


Je suis miroir

La folie des autres c’est sa propre folie qu’on ne veut pas voir

Nous sommes miroirs


Je suis intranquille, sans remède,

Ici entre l’infiniment grand et l’infiniment petit,

Nous sommes, nous, les intranquilles »

VENDREDI 18 MAI (14 h 30 & 20 h)


NOUS, LES TRANQUILLES


2016, documentaire français, de Nicolas Contant, 1 h 23


En présence du réalisateur

2 séances exceptionnelles en présence du réalisateur

Synopsis

Ce film autobiographique du cinéaste légendaire, Jan Němec, est une libre interprétation de sa publication 'Ne tends pas la main au serveur', où il relate les histoires de sa vie depuis les années 60 jusqu'à nos jours. Le titre du film Le loup de Vinohrady, évoque un loup, un être sauvage, vicieux, incontrôlable. On y visite les lieux de l'histoire, on entend les dialogues authentiques commentés par l'auteur, de vraies archives et des falsifiées. Ce qu'il y a dans le film a véritablement eu lieu, et Jan Němec l'a vécu même si parfois il en grossit certains traits.


Le film est court, à peine plus d'une heure, presque muet - mais avec une bande sonore extrêmement travaillée -, entrecoupé de flashback, souvenirs ou plan rêvés, dans un montage qui doit tout à Resnais. La maîtrise est étonnante.

Univers ciné VOD


  

VENDREDI 25 MAI (14 h 30)


LE LOUP DE VINOHRADY


2016, film tchèque, de Jan Němec,  comédie dramatique, 1 h 08,


V.O.S.T, inédit à Troyes

Ciné-Rencontres : vendredi 25 & samedi 26 mai

Synopsis : porté par le réalisme magique, style développé par le cinéma hongrois contemporain, Free Fall raconte l’histoire d’une vieille dame qui en a assez de sa vie misérable et décide de grimper l’escalier avec son caddie et ses affaires pour se jeter du toit de son immeuble. Cette expérience visuelle, à la fois exubérante et absurde, nous conduit vers un questionnement très contemporain sur la vie sociale en Hongrie actuelle.


 Le film a remporté de nombreux prix, notamment celui de la mise en scène et le Prix spécial du jury au Festival de Karlovy Vary.


Le visuel ultra-léché du film constitue une véritable fête pour la rétine, qui réserve d'authentiques éclats de cinéma. Il faut voir Free Fall comme un conte grotesque et composite, conscient de sa beauté.

SENS CRITIQUE


C’est avec délectation qu’on retrouve le ton décalé de Pálfi qui traite avec un humour noir savamment dosé des valeurs sociétales en chute libre et de la désintégration de l’amour.

 CINECURE actualité du cinéma sur RCF Radio

VENDREDI 25 MAI (20 h)

VENDREDI 15 JUIN (20 h séance de rattrapage exclusive)


FREE FALL


2014, film hongrois, de György Pálfi, fiction, 1h 20


V.O.S.T, inédit à Troyes

Ciné-Rencontres : vendredi 25 & samedi 26 mai

Adam Lambert est l'avide propriétaire d'une agence publicitaire. A la veille d'élections présidentielles, il parie avec son concurrent fort détesté qu'il est capable de faire une star de n'importe qui, et qu'à l'aide d'une habile campagne, il parviendra à faire élire le candidat le moins populaire et que nul ne connaît. Le film constitue un tableau implacable du pouvoir des médias, capables, à travers une manipulation des faits, de façonner le monde.

Slash-paris.com

Si j'avais quelque chose à dire, ce serait un taux de récit fluctuant. Les endroits extrêmement difficiles permettent de surmonter les dialogues inexpérimentés, mais leur absurdité est d'autant plus amusante. Le film tient à garder le spectateur en tension jusqu'au dernier moment, ce qui n'était pas une habitude dans les tableaux domestiques. La saturation du positionnement du produit est quasiment indispensable pour les images qui sont en permanence luxuriantes. Les receveurs sensibles peuvent interférer avec les postsynchronismes postbalancés, sans parler des vulgarismes diachroniques. Mais obtenons-nous un doublecross propre, dans lequel les professions n'ont pas encore pleinement correspondu aux expressions dures?

Il y avait un sentiment inhabituel quand j'ai quitté le cinéma. Après les projections slovaques, un homme a habituellement un goût amer dans la cavité buccale et désire après avoir rendu les quatre-vingt-dix dernières minutes de sa vie. Après le candidat, j'ai essayé de le revoir. J'ai choisi une note plus élevée en raison d'un intérêt personnel partiel dans l'environnement publicitaire. Je me souviens que c'est vraiment un aperçu des mystères des campagnes de manipulation. Même un spectateur qui n'est pas pollué par un bingo créatif, le candidat appréciera le plein et appréciera ses qualités distinctives. C'est exactement ce que j'imagine le film slovaque du 21ème siècle et je ne suis pas le seul en termes de ventes de disques. Si vous appartenez à ceux qui ne l'ont pas encore vu, il doit le faire. Une sensation similaire à la maison n'est pas si facile à voir.


Et la déclaration commémorative conclut: "Dieu a aussi besoin de publicité".


CinemaView.sk (Martin Zielosko)

SAMEDI 26 MAI (14 h)


KANDIDÁT

            

2013, film slovaque, de Jonáš Karásek, fiction, 1 h 45


VOST, inédit à Troyes

Ciné-Rencontres : vendredi 25 & samedi 26 mai

Synopsis :

Dans la Pologne des années 60, avant de prononcer ses vœux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, part à la rencontre de sa tante, seul membre de sa famille encore en vie. Elle découvre alors un sombre secret de famille datant de l'occupation nazie.


Une quête identitaire silencieuse saisie avec une infinie délicatesse, dans un noir et blanc profond et une succession de décadrages à la beauté sidérante. Oscar du meilleur film étranger en 2015.

Franck Nouchi, Le Monde.fr


C'est presque un polar classique, avec enquêteur expérimenté et débutant candide. L'une pour découvrir ce qu'elle est, l'autre pour oublier ce qu'elle a été (un juge féroce au service du parti communiste), Ida et Wanda entreprennent un périple dans la Pologne grise des sixties.

Pierre Murat, Télérama


Dans la Pologne des sixties, une future nonne fouille dans son passé familial.

Tournant son premier long métrage de fiction dans son pays natal, Pawel Pawlikowski prend le contrepied de son film anglais My Summer of Love, psyché option kitsch. Noir et blanc, années 1960, dépouillement (voire froideur) : telles sont les principales données du projet. Anna, alias Ida, une novice catholique (future nonne), fait la connaissance de sa tante, qui est juge. Toutes deux partent enquêter sur la mort des parents juifs d’Ida, assassinés dans un village de Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce sujet sur la culpabilité polonaise collective n’est pas follement traité ni illustré. C’est plutôt un principe théorico-historique qui permet de définir et de situer les personnages. Idem pour le rôle de la tante dans la répression communiste (on apprend par la bande qu’elle a été une sorte de Fouquier-Tinville du régime).

Les Inrockuptibles

SAMEDI 26 MAI (17 h)


IDA

                        

2013, film polonais N&B, de Pawel Pawlikowski,


drame, 1 h 22 mn

 

VOST, inédit à Troyes

Ciné-Rencontres : vendredi 25 & samedi 26 mai

Synopsis :

Un soliste d'un orchestre de Prague se rend avec une amie dans une petite ville de Bohême, pour y donner un concert. Ils y sont hébergés par un ancien camarade, un instituteur ayant une famille et toujours passionné de musique. Pendant vingt-quatre heures, les deux citadins vont vivre au rythme de cette vie provinciale, partageant musique, beuveries, souvenirs et nostalgie...


Le Tchèque Ivan Passer, qui tournera bien plus tard aux Etats-Unis le chef-d'œuvre Cutter'sWay, fait de la fantaisie une médecine. La seule capable de soulager le corps et l'esprit de ses compatriotes sous le joug communiste.

Télérama


Tour à tour drôle et acerbe, toujours terriblement touchant, le film bénéficie d'un sens ahurissant du cadre faisant de chaque plan une petite merveille à plusieurs niveaux, ainsi que d'une musicalité qui lui appartient en propre et lui confère son aura de petit miracle.

Culturopoing.com

  

SAMEDI 26 MAI (20 h 30)


ÉCLAIRAGE INTIME

 

1967/2016, film tchèque N&B, de Ivan Passer,


comédie, 1 h 12 mn

 

VOST, inédit à Troyes

Ciné-Rencontres : vendredi 25 & samedi 26 mai

Avec L'Opéra, dont le titre annonce clairement la couleur, Bron a posé ses caméras au cœur de l'Opéra de Paris, aussi bien au palais Garnier qu'au paquebot mitterrando-languien de la Bastille. Sa méthode est peu ou prou celle de Frederick Wiseman, immense spécialiste de la vision cinématographique et analytique des grandes institutions : passer beaucoup de temps en immersion dans le ventre de la bête, sonder tous ses organes, produire des dizaines d'heures de rushes et en extraire un récit voire une substantifique moelle grâce à l'art minutieux du montage, le tout sans émettre le moindre mot de commentaire.


L'Opéra de Paris est un “bon client” pour ce genre d'approche, d'abord parce que les chanteuses, chanteurs, danseuses, danseurs, musiciens et chefs d'orchestre sont des espèces cinégéniques. Ensuite parce que l'opéra est une énorme machine et que derrière l'art, il y a beaucoup de travail, partie cachée de l'iceberg que dévoile superbement ce film.


Metteurs en scène, décorateurs, régisseurs, machinistes, costumières, blanchisseuses, repasseuses, c'est toute une ruche de “petites mains” et de “gros bras” bossant et suant dans l'ombre que montre Bron et sans lesquels nulle Traviata ne pourrait advenir.

Serge Kaganski, Les Inrocks


« Nous avons un chœur qui presse ». Vous ne savez pas de quoi parle Philippe Jourdan, le chef d'orchestre de l'Opéra Bastille ? Ce n'est pas grave, bien au contraire. Plongée dans les coulisses de l'établissement culturel du onzième arrondissement de Paris, « L'Opéra » de Jean-Stéphane Bron ne s'adresse pas qu'à un public de connaisseurs des choses de l'Art lyrique. Le film est avant tout une formidable immersion dans une fourmilière humaine, avec ses ouvriers, ses soldats, ses rois et ses reines.Paris-Match

VENDREDI 22 JUIN (14 h 30 & 20 h)


L’OPÉRA


Un documentaire musical de Jean-Stéphane Bron


(2017, 1 h 46, français, suisse, inédit à Troyes)

FÊTE DE LA MUSIQUE

Le film sera précédé d’un petit spectacle musical.

Synopsis


Emil et son frère aîné Johan travaillent dans une carrière de calcaire dans une petite ville de l’est du Danemark. Emil est rejeté par ses collègues qui le trouvent étrange, trop sensible et excentrique. Pour cette raison, il a tendance à s’isoler des autres. Son attitude intrigue sa voisine Anna, dont Emil est secrètement amoureux. Il est plus connu de la communauté pour l’alcool de contrebande qu’il produit grâce aux produits qu’il vole dans son usine. Quand un ouvrier tombe malade, tout le monde, et plus particulièrement son patron, soupçonne Emil. Emil va peu à peu perdre la confiance de son entourage, et son frère va s’éloigner de lui.


Un humour noir enveloppe ce film très sombre où l’intrigue est volontairement effacée au profit d’une ambiance sourde, asphyxiante.

Dans ce film envoûtant, le son - un mélange de bruits, de cris, de sirènes et de notes de musique - renforce, paradoxalement, le silence des êtres et leur infinie solitude. Le cinéaste mêle constamment sauvagerie et dérision en la personne de son étrange héros, sorte de Stan Laurel, qui zigzaguerait dans la vie, totalement imperméable à la cruauté des autres et à son propre malheur.

Pierre Murat, Télérama


Travaillant le son comme il cadre l’image, Hlynur Pálmason donne à son premier long métrage une sorte de « légèreté pesante », combinaison harmonieuse de sourdes bizarreries rendant la noirceur du propos moins oppressante.

Pierre Guiho, culturopoing.com

 

Nul doute que le film ne serait pas si remarquable s’il n’inventait pas une étonnante figure humaine. Elliott Crosset Hove, qui incarne Emil, est une sorte de personnage burlesque, aux yeux perpétuellement écarquillés. C’est à lui sans doute que l’on doit le plus évidemment ce sentiment d’étrangeté angoissante qui nimbe un film qui n’oublie pas pourtant de s’inscrire dans une réalité sociale particulièrement rugueuse.

Jean-François Rauger, Le Monde


La singularité de ce film, mûrement pensé et élaboré, illustre, entre autres, l’étrangeté d’être au monde en qualité d’ouvrier du sous-sol.

Muriel Steinmetz, L’Humanité


Les images de ce film sur les désirs instinctifs, entremêlées avec une musique des profondeurs, faite des sons industriels et naturels de Lars Harlvorsen, en font une œuvre artistique très avant-gardiste.

La rédaction, Ouest France

VENDREDI 28 septembre (14 h 30 & 20 h)


WINTER BROTHERS


Un film de Hlynur Pálmason


(Film danois, islandais, 2018, 1 h 34, VOST) inédit à Troyes

Synopsis

Pascal et Pauline reviennent sur les terres de leurs parents après des années de voyage, et se retrouvent dans l’impossibilité de payer les traites du domaine. Ils se confrontent à leurs amis d’enfance qui eux, d’origine modeste, n’ont jamais quitté leur campagne. Et à Emmanuel surtout, qui veut racheter leur terrain au meilleur prix pour l’expansion de ses maisons de retraite. Entre les amitiés d’hier et les envies de demain, la guerre aura-t-elle lieu ?


D’un côté un frère et une sœur, héritiers oisifs d’un château dont ils ne peuvent plus assumer les traites ; de l’autre un couple d’amis d’enfance, prolos devenus nouveaux riches, bourrés de rancœur, décidés à racheter le domaine et leur vengeance de classe avec. (…)

Les horreurs de la haine de classe, la médiocrité maladive des uns, l’arrogance vulgaire des autres, entrent en ébullition dans ce film qui ne trompe personne en s’avançant comme un brouillon incontrôlé : au contraire, on tient bien là un virulent retour du refoulé qui n’est pas sans résonance dans la France de Macron.

Les Inrocks, Théo Ribeton


Voilà un film générationnel, qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses sur cette jeunesse française incapable de trouver sa place parmi les baby-boomeurs devenus "papy-boomeurs" triomphants. Pour tenir debout, elle peut compter sur Macaigne, rebelle sans cause et sans illusions, sinon celle de redonner un peu d’espoir.

Télérama, Jérémie Couston


Pour le réconfort : trentenaires en proie à la lutte des classes ; le metteur en scène et comédien Vincent Macaigne signe son film le plus abouti sur l’échec larvé d’une génération. (…) Pour le réconfort surprend non seulement par sa gravité sèche et son désespoir à fleur de peau, mais surtout par l’assurance et le tranchant de sa mise en scène. Macaigne sculpte un récit étrange, fait de blocs et de trouées, ouvrant par moments d’intenses couloirs de jeu et de parole.

Le Monde Mathieu Macheret


Vincent Macaigne signe une œuvre en forme de cri rageur, à l’émotion indéniable, portée par des acteurs exceptionnels. Un film marginal et réjouissant par sa liberté de ton.

Les Fiches du Cinéma, Clément Deleschaud


Si le film convoque pareillement la tendresse et l’invective, avec une sorte de fougue aristo-punk, c’est pour en faire émerger quelques mots, quelques gestes, un « réconfort » partagé pour chercher où et comment nous pourrions vieillir ensemble.

Cahiers du Cinéma,  Joachim Lepastier

VENDREDI 12 octobre (14 h 30 & 20 h)


POUR LE RECONFORT


Un film de Vincent Macaigne


(drame français, 2017, 1 h 31) inédit à Troyes

Synopsis


Sénégal, des femmes d’exception est un webdocumentaire qui donne la parole aux femmes sénégalaises. Qu’elles travaillent dans le secteur sanitaire, éducatif, économique ou culturel, ces femmes sont au cœur des problématiques actuelles et des nouveaux enjeux de leur pays. Le webdocumentaire Sénégal, des femmes d’exception établit un état des lieux de leurs conditions de vie et des combats qu’elles mènent. Pour aller à leur rencontre, la réalisatrice a suivi un voyage solidaire organisé sur la côte ouest du Sénégal pendant lequel douze Françaises ont partagé le quotidien de leurs homologues sénégalaises. Qu’il s’agisse des voyageuses, des Sénégalaises, des organisatrices du séjour ou de la réalisatrice, la singularité de ce webdocumentaire tient dans son regard essentiellement féminin.


Aminata, Dibor, Jeanine, Penda etc… 12 femmes de la même région de Thiés « parties de rien » et qui réussissent, « des femmes d’exception » pour l’association franco –sénégalaise « Tche Kanam » (en avant) qui a co-produit en 2014 avec une journaliste française, Laurène Renoux, un webdocumentaire de 90 minutes intitulé Sénégal, des femmes d’exception.

Nianinginfos.com


Treize braves dames pour raconter l’important rôle que la Femme joue dans la société sénégalaise. (…). Le scénario se déroule entre la ville et le monde rural. Et le sujet donne un aperçu de la manière dont les femmes contribuent à façonner la société dans quatre domaines d’activités que sont l’économie, la santé, la culture, l’éducation. Trouvées au champ, à l’école, à l’hôpital, dans une boutique, à la mer, ou dans leur atelier, Sénégal, des Femmes d’Exception livre une explication assez détaillée de la vie de la femme qui joue un rôle considérable dans la société. Des femmes aux parcours et au quotidien bien remplis.

Enquête Plus, Khady Ndoye


À travers des reportages vidéos, photos, sonores, Laurène Renoux illustre le développement socio-économique du Sénégal. Selon elle, le développement d’un pays passe par accorder aux femmes davantage de droits afin de réduire la pauvreté au sein de la société sénégalaise. Ce sont les femmes qui ont en charge la famille. Le Sénégal possède l’un des indices de développement humain les plus bas du monde et demeure au 154ème rang mondiale sur 187 pays au classement des Nations Unies en 2012.

Afrik.com, Kardiatou Traoré

Loin de plier sous le poids de conditions de vie difficiles ou d’une société patriarcale, ces femmes sénégalaises ont dans le cœur une force conquérante inébranlable. Possédant une foi en l’homme ainsi qu’en l’avenir, elles sont debout pour faire changer les choses. C’est leurs portraits que le webdocumentaire Sénégal, des femmes d’exception vous propose de découvrir.

VENDREDI 9 novembre(14 h 30 & 20 h)



SÉNÉGAL : DES FEMMES D'EXCEPTION


documentaire de Laurène RENOUX


(film français, 2015, 1 h05) inédit à Troyes


Présence de la réalisatrice

Semaine du Festival des SOLIDARITÉS

Synopsis


Dans la Bibliothèque publique d’information, au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, dans l’Atelier de conversation pour parler français. Les réfugiés de guerre côtoient les hommes d‘affaire, les étudiants insouciants croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié(e)s et des ami(e)s pour pouvoir (sur)vivre à l’étranger. C‘est dans ce lieu rempli d’espoir où les frontières sociales et culturelles s’effacent, que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d’égal à égal.


Bernhard Braunstein nous plonge dans un endroit fécond où se travaille aujourd’hui le visage de la France de demain. Un lieu où des individus venus d’un peu partout dans le monde discutent en Français pour apprendre la langue et, dès lors, définir les contours d’un vivre-ensemble.

La force du film tient dans la manière subtile dont il met, l’air de rien, le spectateur en présence d’une utopie, d’une utopie réalisée.

[…] Le temps d’un instant, des hommes et des femmes tentent de trouver une solution au mythe de Babel, en inventant une langue commune, une langue qui permette de vivre ensemble.

Fanny Belvisi, Le blog documentaire


Bernhard Braunstein a filmé semaine après semaine des conversations portant sur des sujets aussi variés que la crise économique, la pauvreté, la différence entre hommes et femmes ou les relations amoureuses. D’abord hésitants, ayant du mal à surmonter les difficultés de la langue, les participants finissent par se jeter à l’eau. Pour eux, l’atelier est avant tout « un lieu d’espoir » où au-delà de la pratique de la langue ils apprennent à se connaître et à confronter leurs différences.

Malgré la difficulté à exprimer leurs sentiments, leur colère ou leurs frustrations, leurs échanges parfois tendus finissent toujours dans les fous rires et parfois par un verre partagé. Une vraie aventure humaine.

Céline Rouden, La Croix


La thématique du long-métrage est très simple, mais ô combien intelligente.

Le message fort diffusé par le documentaire est celui de l’indifférence face à l’apparence et aux clichés véhiculés, qui impactent négativement les relations quotidiennes entre individus.

Le film n’est pas du tout anxiogène car il y a beaucoup d’émotions exprimées, l’immersion de la caméra dans cet atelier nous transporte comme si l’on faisait partie du groupe et que l’on attendait notre tour pour s’exprimer.

Vincent Villemer, Le petitjournal.com

VENDREDI 23 novembre(14 h 30 & 20 h)



ATELIER DE CONVERSATION


documentaire de Laurène RENOUX


film de Bernard Braunstein

(film autrichien, français, liechtensteinois, 2018, 1h 14), inédit à Troyes

Synopsis :


 Tharlo est un berger tibétain qui mène une existence paisible dans la montagne, éloigné des réalités du monde. Une nouvelle loi de la République populaire de Chine contraint le berger à effectuer des démarches pour obtenir une carte d’identité. Afin de se faire photographier, il se rend notamment dans un salon de coiffure où il tombe sous le charme d’une jolie jeune femme…


Tharlo le berger tibétain a notamment obtenu le Cyclo d’Or et le prix Inalco au Festival de Vesoul en 2016.


Un film en noir et blanc de deux heures qui évoque le drame tibétain en critiquant, par l’absurde, l’oppresseur chinois.

Première, Christophe Narbonne


Le drame sentimental de ce berger qui se confronte au tumulte de la ville est l’occasion de découvrir le travail du fondateur du cinéma tibétain. La seule magnificence de ses images suffit à en faire un cinéaste à suivre de près

aVoir-aLire.com, Julien Dugois


On lit sans peine le sous-texte politique, la charge contre la bureaucratie chinoise. Mais la mise en scène épurée, d’une froide beauté, a aussi des effets quasi hypnotiques.

Télérama, Pierre-Julien Marest


Un film très exigeant, tant par sa lenteur que par la ténuité extrême de son scénario. Mais un très beau film... Tharlo le berger tibétain s'inscrit dans la veine d'un cinéma âpre, abstrait, silencieux et en noir & blanc. Le film est une réflexion sur l'identité à travers l'histoire d'un berger qui découvre la ville et ses tentations. Le récit s'apparente ouvertement à un conte.

Critique d’internaute, Tumtumtree


On peut voir le film comme un document ethnographique, une sottie sur la méchanceté des femmes, ou une parabole sur la nocivité de la civilisation, mais difficile de ne pas admirer la beauté de la mise en scène de Pema Tseden, qui a tiré le sujet du film de son recueil de nouvelles, Neige (Picquier).

Le Nouvel Observateur, François Forestier

VENDREDI 14 décembre (14 h 30 & 20 h)



THARLO, LE BERGER TIBÉTAIN


Film de Pema Tseden


drame chinois, 2015, 2 h 03, VOST, inédit à Troyes


Présence de FRANÇOISE ROBIN,

professeur des universités à l'INALCO,

spécialiste de langue, de cinéma et littérature du Tibet

Programmation 2018