Les trois singes
Pater
Bannissement
Enfances
Une vie toute neuve
Entre nos mains
Belle Epine
Paris mon paradis
Rwanda, un cri d'un silence inouï
Tango
Programmation 2012
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PROGRAMMATION 2012

Ciné rencontres : Vendredi 11 et samedi 12 mai 2012

Regards de femmes

(sous le parrainage de Anne Lainé)

Sainte Savine – Fête de la musique

Vendredi 27 janvier  (14 h  30 et 20 h)


LES TROIS SINGES


de Nuri Bilge Cylan

(Turquie ; 2009 ; 1 h 49 ; VOST ; inédit à Troyes)

Prix de la mise en scène : Cannes 2008

Une famille, disloquée à force de petits secrets devenus de gros mensonges, tente désespérément de rester unie en refusant d'affronter la Vérité, comme dans la fable des "trois singes"...

« La force de réalisation de Ceylan n’en finit pas d’impressionner. Ses non-dits sont éloquents, ses acteurs sont tout simplement époustouflants d’intensité, de justesse, de richesse humaine… Le travail visuel est lui aussi spectaculaire (rarement un ciel nuageux aura autant pénétré et nourri une narration, tout comme la densité du travail sonore, omniprésent mais jamais intrusif. »

J. C. B. (L’Avant-scène cinéma N° 574)

« Le langage cinématographique de Ceylan, qui s’inspire des cinéastes de la modernité – Antonioni et Tarkovski notamment – est remarquable par sa métaphysique qui capte au plus profond l’âme de ses personnages tout en usant d’une certaine distanciation : une alliance entre les cinéastes précités, Fassbinder et les mélodrames turcs dont l’auteur se réclame. Mais Ceylan n’imite pas dans Les Trois Singes : s’il rend hommage ou cite de grands auteurs, il créé avec le numérique des figures filmiques nouvelles et un univers graphique et thématique passionnant. Nous sommes simplement en présence d’un des cinéastes les plus importants du cinéma contemporain qui fusionne à merveille les arts, que ce soit la peinture, la photographie ou la musique et qui, surtout, n’est pas réfractaire aux nouvelles technologies. »

Stéphane Caillet (Critikat.com)

« Avec Les Trois Singes - récit à quatre personnages qui s’apparente à une intrigue criminelle à la James Cain - Nuri Bilge Ceylan poursuit son investigation de l’âme humaine, dans la lignée de son précédent film, Les Climats. La recherche de l’intériorité, la tension psychologique constante et la maîtrise du cadre évoquent les grands cinéastes de l’intime, un Bergman, un Antonioni, ou un Losey. Avec en prime une pratique confondante de la haute définition, qui sert admirablement son œil de peintre. »

Positif : N° 575 : janvier 2009

« Ceylan illustre cette parabole de la condition humaine (on pense à Bresson ou Tarkovski) qui, à de nombreuses reprises, met en lumière la réalité politique et sociétale de la Turquie actuelle, avec une maestria de mise en images époustouflante… On peut regretter un scénario parfois trop démonstratif (les apparitions de l’enfant mort), mais cette réserve anodine ne saurait atténuer le brio et la maîtrise qui marquent constamment ces Trois Singes. Et surtout faire oublier que la séquence d’ouverture est l’une des plus magistrales de l’histoire du cinéma : ces seules minutes suffiraient à hisser le film au rang de chef-d’œuvre. »

Ch. B. (Annuel du cinéma 2010).

Vendredi 24 février (14 h 30 et 20 h)

PATER

Film français d’Alain Cavalier

(2011 ; 1 h 45 ; inédit à Troyes)

Avec Vincent Lindon, Alain Cavalier, Bernard Burea

Pendant un an ils se sont vus et ils se sont filmés. Le cinéaste et le comédien, le président et son 1er ministre, Alain Cavalier et Vincent Lindon. Dans Pater, vous les verrez à la fois dans la vie et dans une fiction qu’ils ont inventée ensemble.


« Film ludique qui, fort candidement, se met régulièrement en abyme, Cavalier alternant fiction et réalité par un habile jeu de montage… Distrayant et humaniste, doté d’une certaine philosophie critique envers notre mode de vie contemporain, Pater nous enthousiasme également par son style. Un style (comme toujours depuis Ce répondeur ne prend pas de message, 1979) très épuré sans la moindre fioriture de cadrage ou de décor, où les plans fixes prédominent, éclairés avec soin et pertinence mais sans apprêt, les séquences s’ouvrant et s’achevant au moyen de leurs fondus, à l’ancienne, conférant à l’ensemble du métrage un rythme harmonieux des plus musical. »

Michel Cieutat (Positif, N° 605/606 ; Juillet/août 2011


« Un nouveau film d'Alain Cavalier est comme le nouvel épisode d'une série à laquelle on est attaché. Les fans attendent, confiants, prêts à suivre. Certains seront pris à rebrousse-poil. Le terrain de Pater, en compétition au dernier Festival de Cannes, est pourtant familier. Chaque plan porte la marque de son auteur, cette façon de filmer, subtile et ludique, sensuelle et distanciée, qui caractérise le pan récent de son cinéma, opéré en solitaire avec une caméra dv : ses portraits (Vies, 2000, René, 2002) et les volets de son autobiographie (Ce répondeur ne prend pas de messages, 1979, La Rencontre, 1996, Le Filmeur, 2005, Irène, 2009) ».

Isabelle Regnier (Le Monde : 21/06/2011)


« Pater s'apparente alors à une leçon de cinéma dispensée par un maître qui feint de croire que vous en savez autant que lui, vous donne à caresser l'illusion qu'à sa place vous feriez aussi bien, et c'est ainsi que l'impression vous vient que le film est autant le vôtre que le sien, que le leur. »

Pascal Mérigeau : Le nouvel Observateur


« La Conquête ? Non, l'anti-Conquête. Pas de grimace, pas de ressemblances (...). Que des correspondances - mais à la Cavalier, c'est-à-dire infiniment plus piégées. Des jeux de rôle, des jeux de mots. Ainsi le père et le fils politique se joueront l’inusable scénario œdipien. Le plaisir de dingue que provoque Cavalier vient surtout de là, l'ébahissement devant lequel on se trouve à devoir admettre que tout, absolument tout des affres de la politique, est déjà cuisiné dans un langage emprunté au cinéma. »

Philippe Azoury (Libération : 22/06/2011)

Vendredi 23 mars (14 h 30 & 20 h)

LE BANNISSEMENT

(Izgnanie)

Film russe de Andrei ZVIAGUiNTSEV

(2008 ; 2 h 30 ; VOST ;   inédit à Troyes)

Avec Konstantin Lavronenko (prix d’interprétation masculine : Cannes 2007) ; Maria Bonnevie

Un homme, sa femme et leurs deux enfants, quittent une cité industrielle pour la campagne d'où est originaire le mari et s'installent dans la vieille maison du père de celui-ci. En contraste avec la ville, ils redécouvrent la Nature, envoûtante. Et dans ces contrées splendides mais isolées, la violence éclate sans se faire entendre


« Un Lion d’or obtenu à Venise en 2003 a fait d’Andreï Zviaguintsev plus qu’une révélation. On a parlé de lui comme d’un disciple d’Ingmar Bergman et d’Andreï Tarkovski. Plus elliptique que Le Retour, film magistral, son deuxième film confirme la maîtrise esthétique de ce cinéaste russe, minutieux dans le choix de ses cadrages, somptueux par sa splendeur plastique, solennel dans sa manière de conduire le récit. » Jean Luc Douin (Le Monde 5/02/2008)


« Quatre ans après Le Retour, son premier film couronné du Lion d'Or à Venise, Andreï Zviaguintsev retrouve la figure des deux frères ainsi que son acteur principal, Konstantin Lavronenko, prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes. Malgré des références bibliques envahissantes, le réalisateur livre une œuvre fascinante sur l'amour et les tourments qu'il y a à l'exprimer. »

Isabelle Danel (Première)


« A. Zviaguintsev avait réalisé un chef d’œuvre avec son premier long métrage en 2003, Le Retour où planaient les ombres tutélaires de Tarkovski et de Dostoïevski.  Elles s’imposent encore dans Le Bannissement, même si c’est avec moins de légèreté. La compostions des plans, les cadrages et les couleurs sont exemplaires, parfois même d’une beauté à couper le souffle. Tonte la première partie du film met admirablement en scène la progression d’un malaise amplifié par le contrepoint d’une atmosphère élégiaque. » Ch. B. (Annuel du cinéma 2009)


« Un film sur la fierté humaine qui ne peut s’affirmer que dans sa capacité à s’offrir en sacrifice au-delà de tout asservissement aux valeurs matérielles. Tout est visualisé, incarné à la perfection par Konstantin Lavronenko et la suédoise Marie Bonnevie, sublimé par les silences et la musique très prégnante d’Andreï Dergatchev qui alterne avec un Kyrie Eleison et autre Exsilium. Du cinéma transcendantal à l’état pur. »

M. Ca. (Positif : N° 557/558 : juillet/août 2007)


« Tout comme Lumière silencieuse de Carlos Reygadas, Le Bannissement se situe du côté du cinéma contemplatif et mystique, doublé d’une grande recherche esthétique à chaque plan, comme si l’enjeu du film, au-delà de la simple anecdote dramatique, était la recherche d’une étincelle de spiritualité que seul le dispositif cinématographique pourrait être en mesure d’évoquer. »

(L.A. L’Avant-scène cinéma N° 567)

Vendredi 6 avril (20 h)

LA CHINOISE

Film de Jean-Luc Godard

1967. France. 1 h36 min.

Avec Anne Wiazemsky, Jean-Pierre Léaud, Juliet Berto

A l’issue de la projection, débat avec  l’écrivaine Anne WIAZEMSKI

pour  la sortie de son dernier roman Une Année studieuse.

« La révolution dans un appartement. Un an avant la déferlante Mao de 68, Godard, toujours en avance d’un coup, donne un film prophétique. Un film manifeste. Politique, dans le contenu et dans la forme. Le Vietnam brûle et moi je hurle Mao, Mao. Johnson rigole et moi je vole Mao, Mao. Le Napalm coule et moi je roule Mao, Mao. Les villes crèvent et moi je rêve… Dans un appartement couvert de petits livres rouges, un groupe d’étudiants étudie et discute la pensée marxiste-léniniste. »

(Cinémathèque de Toulouse)

« Cadrages, plans, dialogues, graffitis, aphorismes, slogans, couleurs : le film s’emploie à éviter l’esthétique de la culture bourgeoise dénoncée, à tourner le dos au bel ouvrage, réinventer un rythme qui prend le spectateur à rebrousse-poil avec des monologues, des interviews, des happenings. »

Jean Luc Douin : (J.L. Godard : Dictionnaire des passions)

« C’est avec alacrité que Godard aborde en se jouant (mais non en nous jouant, comme le pensent ceux qui le récusent encore) les plus préoccupants problèmes de l’heure : la guerre du Viêt-Nam, la querelle sino-soviétique, la révolution culturelle chinoise et ses incidences sur une certaine minorité, vraiment révolutionnaire de la jeunesse occidentale. Godard ne compose de films qu’exactement datés. Leur qualité esthétique leur serait-elle déniée à l’avenir qu’ils garderaient une irremplaçable valeur documentaire. »

François Mauriac (Le Figaro littéraire : 10/ 09/1967)

« … On voit à quel point la Chinoise n’est acte politique que pour autant qu’elle est mise en question radicale du cinéma et engagement profond dans cet art. Mais un vieux et solide préjugé veut que les cloisons entre certains domaines soient rigoureusement maintenues. Malheur, donc à qui n’en tient pas compte. Il suffit qu’une œuvre se veuille politique et d’abord esthétiquement novatrice pour que l’on refuse d’accommoder sur sa manière à elle d’intervenir dans le cours des choses. C’est en tant qu’acte poétique qu’un tel film sert la cause qu’il défend, aussi fait-il comme toutes les œuvres modernes appel à la participation du spectateur qu’il a choisi de réveiller… ».

Jacques Bontemps (Cahiers du cinéma : N° 194 : octobre 1967)

« La Chinoise, magistrale leçon de choses, comme seul un Robinson du marxisme-léninisme peut la concevoir, est une œuvre de résistance contre notre propre société. Elle ne se définit ni comme pro chinoise, ni comme pro soviétique, mais comme une interrogation à l’égard des méthodes à employer pour la lutte révolutionnaire dans un pays comme la France ou les États-Unis, où tout le monde est libre de faire ce qu’il veut sauf de préparer par le langage le terrain de la révolution. »

Alain Jouffroy (Dossier de presse : mai 1967)

Six anecdotes, six films qui s'enchaînent, une échappée dans l'enfance, celle d'auteurs renommés ayant marqué de leur style l'Histoire du cinéma. C'est sur l'histoire de ces cinéastes que s'arrêtent ici de jeunes réalisateurs, ces petites histoires enfantines décidant parfois de toute une vie et venant ainsi éclairer leurs œuvres. Des histoires qui se croisent pour ne plus former qu'un seul et même film sur l'enfance, baignée de blessures, de frustrations, de rencontres...


•  L'enfance de Fritz Lang, réalisé par Yann Le Gal. Autriche, 1900. Les idées antisémites commencent à émerger dans le pays et il est bien difficile pour un enfant d'une dizaine d'années de ne pas être influencé. Il ignore toutefois que ces idées vont provoquer une révolution au sein de sa famille.

•  L'enfance d'Orson Welles, réalisé par Isild Le Besco. Tout le monde dit de cet enfant qu'il est surdoué. Et en effet il est capable, à 5 ans, de réciter en pleine nuit des tirades de Shakespeare pour épater les amis de ses parents. Le jour où sa mère tombe gravement malade, il se retrouve totalement désemparé. Pas longtemps cependant, car il est bientôt convaincu qu'elle ne mourra pas s'il ne la quitte pas un instant des yeux. L'enfant veille sa mère et lutte contre le sommeil en la fixant du regard...

•  L'enfance de Jacques Tati, réalisé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. A 12 ans, Jacques mesure plus d'1 mètre 80 alors que ses camarades mesurent 30 à 40 centimètres de moins. Ce matin, c'est le jour de la photo de classe que le photographe tente en vain de composer selon les "règles de l'art" recherchant une belle symétrie... Mais comment mettre Jacques dans le même cadre que les autres ?

•  L'enfance de Jean Renoir, réalisé par Ismael  Ferroukhi. Jean, fils d'une famille aisée, part en vacances, comme chaque été, dans leur maison de campagne. Seulement cette année, Jean fait la rencontre de Godefer, un garçon de son âge qui passe son temps dans la forêt à chaparder, à braconner... En échange de la belle paire de chaussures que porte Jean, Godefer lui fera découvrir tout un monde qu'il ignore.

•  L'enfance d'Alfred Hitchcock, réalisé par Corinne Garfin. Cet enfant est passionné de théâtre mais ce soir il est privé de spectacle car sa mère, autoritaire et injuste, estime qu'il lui a menti. Quand il se réveille en pleine nuit, ses parents ne répondent pas à ses appels...

•  L'enfance d'Ingmar Bergman, réalisé par Safy Nebbou. Tout allait bien pour les deux frères. Ils avaient leurs places, leurs jeux, leur quotidien. Malheureusement pour eux, quand arrive une petite sœur, que faire pour rétablir l'harmonie rompue ?

Vendredi 20 avril (14 h 30 & 20 h)

ENFANCES

Film à sketches français de

Yann Le Gal, Isild Le Besco, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Ismaël Ferroukhi, Corinne Garfin et Safy Nebbou avec Julie Gayet, Emmanuelle Bercot, Clotilde Hesme.

2007 ; 1 h 20

Vendredi 11 mai (20 h )

« Il s'agit d'une histoire autobiographique. Née en 1966, Ounie Lecomte a vécu ce traumatisme de l'abandon, ces années à attendre son père comme une amoureuse éperdue, cette enfance synonyme de solitude, de silence, de mort, avant d'être adoptée par une famille protestante française. Elle a été comédienne, costumière pour le cinéma. Elle a réalisé ce film rare avec l'appui du cinéaste Lee Chang-dong qui est devenu son coproducteur. Sa façon de relater cette expérience en maintenant l'humain au cœur du récit, de se maintenir sur un plan plus charnel que cérébral, évoque (et revendique l'influence de) Maurice Pialat, son Enfance nue. » 

Jean Luc Douin (Le Monde : 05/01/2010)

Un plan plus charnel que cérébral, évoque (et revendique l'influence de) Maurice Pialat, son Enfance nue. » 

Jean Luc Douin (Le Monde : 05/01/2010)

« Très loin des jérémiades autobiographiques, Une vie toute neuve enregistre avec élégance et délicatesse l’expérience rude d’une gamine, qui forcée et contrainte, se construit une nouvelle identité dans un contexte inconnu et éprouvant. Refusant la complaisance, la sensiblerie et les explications (les raisons de l’abandon restent dans l’ombre), la cinéaste pratique par petites touches impressionnistes. Sensible et inspiré, y compris dans la direction d’acteurs, Une vie toute neuve révèle une authentique personnalité de cinéaste. 

A suivre de près… »

O.D.B. (Positif N° 587 : janvier 2010)

Vendredi 11 mai (14 h 30)

UNE VIE TOUTE NEUVE

Film franco coréen de Ounie Lecomte (2010 ; 1 h 32 ; VOST)

Au Rwanda, neuf ans après le génocide des Tutsis, les souffrances qu’endurent des centaines de milliers de personnes rescapées du génocide entravent les stratégies de reconstruction de la société. Partout, il y a cette plaie béante qu’est la souffrance traumatique. C’est dans le plus grand dénuement que des hommes et des femmes ont tenté d’apporter des réponses aux séquelles post-traumatiques. En se situant délibérément sur le terrain de la subjectivité des victimes, en respectant la pudeur de leur expression, la profonde humanité de leur témoignage, ce film fait entendre un cri qui n’eut comme écho à l’époque que le silence inouï de la communauté internationale ».

« Un documentaire qui devrait faire date. La réalisatrice filme avec respect le douloureux cheminement de la parole. » (Le Monde Télévision)

Samedi 12 mai (14 h)

ENTRE NOS MAINS

Documentaire de Mariana Otero (France ; 2010 ; 1 h 28)

« Les ouvrières d’une PME de lingerie féminine s’interrogent sur leur avenir, et sur l’avenir de leur usine, au bord de la faillite. Avec modestie et humour, avec humanité mais sans misérabilisme, Otero nous parle de notre époque, dominée par le marché. »

M. B. (Fiches du cinéma)

« Les employés d’une petite entreprise de lingerie, qui n’ont eu jusque-là qu’à vendre leur force de travail, se retrouvent à penser de manière totalement neuve le rapport à leur entreprise suite à sa mise en liquidation judiciaire… Mariana Otero filme avec délicatesse cette prise en main qui est aussi une prise de conscience. Devant sa caméra, les gestes automatisés du travail cessent d’être détachés de la pensée et ces petites mains se trouvent contraintes de réfléchir à leur activité, à leur place et à leur implication au sein de l’entreprise. »

N.A. (Cahiers du cinéma N° 660 : octobre 2010)

Samedi 12 mai (17 h)

BELLE EPINE

Film de Rebecca Zlotowski (France ; 2010 ; 1 h 26)

Avec Léa Seydoux, Anaïs Dumoustier, Agathe Schlencker

« Belle Epine qui conte la fuite en avant d’une adolescente  face à la mort de sa mère, est le plus beau premier film français vu à Cannes. Sa mise en scène stylisée, comme il sied aux œuvres rimbaldiennes, est un savant mélange de maîtrise et de fulgurance. »

F. Gf.  (Positif N° 593/594 Juillet/août 2010)

« Ce qu’impose presque instantanément Rebecca Zlotowski, c’est un regard : personnel, original, assumé. Sans volonté démonstrative, ses plans sont souvent d’une vraie beauté plastique, qui ne découle pas d’un sens du joli, mais d’un placement juste face à  ce qui est montré, d’un art de faire dire aux images ce qui n’est pas formulé dans le dialogue. »

N.M. (Annuel du cinéma 2010)

Samedi 12 mai (20 h)

PARIS MON PARADIS

Documentaire de Eléonore Yameogo (France ; 2011 ; 68 min.)

Prix du Conseil sup. de la communication (FESPACO 2011).

Prix du Meilleur documentaire (Burundi) ; Prix du Meilleur documentaire (Montréal)

1ère partie : Court métrage : Waga HH, de l’ombre à la lumière d’E Yameogo (26 min)

Les mythes sont porteurs de voyages et de migrations. Les Africains viennent encore souvent chercher le "salut" et la fortune en Europe, la tête remplie d’images idylliques de l’eldorado. Mais le "jugement dernier", c’est toujours là-bas, en Afrique, qu’il est donné : il faut réussir et le montrer. La honte guette ceux qui rentreraient les mains vides, sans valider ce mythe,  cette image rêvée de Paris. Pourtant, la réalité est sans pitié. La vie des immigrés africains à Paris ressemble parfois à un combat démesuré et le rêve peut tourner à l’enfer. Il faut alors mentir, se mentir aussi parfois.

RWANDA, UN CRI D’UN SILENCE INOUI

Documentaire de Anne Lainé (France ; 2003 ; 52 min.)


Prix du meilleur film pour la mémoire des Droits de l’homme (2004) ; Prix du jury lycéen (festival du film d’histoire : Pessac 2003) ; Prix du festival européen du film solidaire Un Notre monde (2009)

Vendredi 22 juin (14 h 30 & 20 h)

UNE HISTOIRE DE TANGO


Documentaire de Carole Neal

(2008 ; Argentine ; 1 h24)

« Trois ans après sa réalisation, ce remarquable documentaire sur la transmission de la tradition du tango sort enfin. Pour les amateurs, voici un film incontournable. Pour les néophytes et les allergiques l’œuvre est chaleureuse et incite à la découverte. »

Ch.B. Annuel du cinéma 2009)


« C'est une histoire de tango, mais aussi d'un passage de témoin entre générations…Ce que les musiciens classiques ont perdu en se basant quasi exclusivement sur l'écrit, le jeune contrebassiste Ignacio Varchausky craignait de ne jamais le connaître. Il a donc créé un big band où les vieux maîtres enseignent leurs recettes. Ce documentaire raconte l'épopée de l'orchestre-école dirigé par le compositeur et bandonéoniste Emilio Balcarce, 87 ans. D'abord très réticent, le malicieux et pudique papy se laisse peu à peu convaincre, et l'on assiste à sa résurrection, cinq années durant, jusqu'à l'ultime concert au Théâtre Colon de Buenos Aires, en 2005, quand il songe de nouveau à la retraite pour cause de capacités auditives déclinantes. »

Eliane Azoulay (Télérama)


« Le goût de la tradition, la transmission d'un savoir et d'un art, l'hommage aux maîtres du passé, alimentent ainsi un récit qui permet de retrouver une musique sensuelle et tragique dont les recettes risquent de se perdre. Les rares images d'archives que contient le film sont fascinantes. Mais celui-ci trouve surtout ses qualités dans une volonté de scruter au plus près le travail humain, ici celui d'un apprentissage de techniques toutes entières représentatives d'un patrimoine musical précieux. »

Jean François Rauger (Le Monde : 30/09/2008)


« Il ne faut s’attendre avec ce film ni à un documentaire remontant aux origines historique du tango, ni à la danse tango (pour cela, revoyez le magnifique Tango de Carlos Saura). Cette histoire-là du tango est d’une part un voyage dans le son tango, unique au monde, et une histoire de transmission… S’effaçant presque, comme par respect, comme pour leur laisser la place, comme pour mieux donner la vedette à la musique, derrière Emilio Balcarce et les autres vieux musiciens, la caméra de Caroline Neal peut laisser s’épanouir le bandonéon. Proche des mains, des souffles, des expressions des visages, des mouvements des archets, silencieuse et fluide, cette caméra choisit le meilleur cadre pour transmettre cette musique qui se vit. Musique et danse populaire, issue des danses des esclaves noirs qui n’avaient que leur corps et leur voix pour s’exprimer, le tango est fondamentalement cinématographique. Quand bien même il ne filmerait que les musiciens, laissant, une fois n’est pas coutume, les danseurs de côté. »

Sarah Elkaïm (Critikat.com)

programmation 2011

programmation 2012/2